Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Kanaky Nouvelle-Calédonie
26 janvier, par

L’Union calédonienne tient un congrès quelques jours après un accord Élysée-Oudinot dénoncé comme une négation du droit à l’autodétermination. Emmanuel Tjibaou, président du parti et député, alerte sur une recolonisation institutionnelle et appelle à l’unité des indépendantistes.
Réunis du 23 au 25 janvier à l’île de Maré, les militants de l’Union calédonienne tiennent leur congrès. À l’heure où l’État français tente d’imposer un nouvel habillage institutionnel à sa domination, l’UC entend tracer une ligne claire pour les combats à venir.
L’année 2026 s’annonce comme un moment charnière. Signature précipitée de l’accord complémentaire Élysée-Oudinot, élections municipales et provinciales en ligne de mire, consultation référendaire annoncée : autant d’échéances qui confirment la volonté de Paris de reprendre la main sur le processus engagé depuis plus de trente ans.
Face aux militants, Emmanuel Tjibaou a livré un discours sans concession. L’accord signé le 19 janvier est dénoncé comme un texte de rupture, en totale contradiction avec l’esprit de décolonisation. Pour le président de l’Union calédonienne, il s’agit ni plus ni moins d’un projet de recolonisation politique, visant à arrimer durablement la Kanaky Nouvelle-Calédonie au giron de la République française. L’effacement pur et simple de la notion d’autodétermination du peuple kanak du texte constitue, selon lui, une ligne rouge.
Le dirigeant indépendantiste rejette également l’ouverture du corps électoral sans accord global des représentants politiques kanak. Une manœuvre perçue comme une remise en cause directe de la légitimité du peuple premier. La recomposition annoncée des sièges au Congrès suscite la même inquiétude : en bouleversant l’équilibre entre les provinces, elle affaiblirait mécaniquement les forces indépendantistes, au mépris des principes fondateurs de l’accord de Nouméa.
Autre cheval de Troie dénoncé : le renforcement des provinces. Sous couvert de développement économique, Emmanuel Tjibaou y voit une stratégie de division territoriale, porteuse d’inégalités accrues et d’une suprématie renforcée de la province Sud. L’hyper-provincialisation annoncée menace l’unité du pays, les institutions communes et le lien social, en instaurant des systèmes administratifs éclatés et concurrents.
Emmanuel Tjibaou a lancé un appel appuyé à l’unité et à la responsabilité collective, invoquant la communauté de destin chère à l’accord de Nouméa.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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