Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Un article de Raymond Lauret, de retour des Antilles
3 juin 2004

Le militant socialiste réunionnais Aimé Lebon voit juste lorsqu’il écrit, évoquant la "victoire à la Pyrrhus" obtenue avec la désignation de Jean-Claude Fruteau comme tête de liste aux européennes, qu’il ne reste au Parti socialiste "qu’un champ de ruines".
Les forces politiques antillaises voyaient dans une liste conduite par le Guadeloupéen Axel Urgin, secrétaire national du Parti socialiste pour l’Outre-mer, la possibilité - outre le respect de la règle de l’alternance qui prévaut au PS - d’unir les DOM et l’Outre-mer dans un grand projet. L’Alliance de Paul Vergès approuvait cette vision.
La décision de Paris d’imposer Jean-Claude Fruteau est jugée aux Antilles comme du mépris. Et nous avons pu constater sur place l’unanimité et la force de cette opinion.
Un mépris d’autant plus fortement ressenti que les socialistes antillais savent que de nombreux dirigeants socialistes en France ne partagent pas la pratique qui a eu eu cours. Et, bien entendu, ils se sont chargés de communiquer les analyses qui, à l’exemple de celle exprimée chez nous par Aimé Lebon, ne manquent pas de se répandre.
Face à une tête de liste qui vise à sauver un poste - "par ambition personnelle", écrit Aimé Lebon -, Martiniquais et Guadeloupéens préfèrent le concept d’alliance, l’Alliance pour l’Outre-mer, qui, avec le poids de La Réunion, garantit l’élection d’un Antillais.
Selon ce point de vue, il est désormais nécessaire et important que nos départements et territoires d’Outre-mer constituent une telle Alliance. Et c’est bien cette conviction qui fait que Aimé Césaire, Christiane Taubira, Victorin Lurel ou Joseph Manscour soutiennent - et de quelle manière ! - la liste conduite par Paul Vergès.
Et Aimé Lebon a bien raison de dire que ce dernier apparaît comme "un leader de l’Outre-mer", de tout l’Outre-mer.
Aimé Lebon va même plus loin en disant que, dans ce contexte, Jean-Claude Fruteau "ne tiendra pas la comparaison". Ce n’est pas la faute à ce dernier si, en Martinique et en Guadeloupe, il est passablement inconnu et, par conséquent, jugé inapte à être ce leader qui va construire l’Alliance de l’Outre-mer et mettre sur rail une force capable de faire avancer à Bruxelles nos priorités et, dans une Europe élargie, de sauvegarder nos acquis.
Les difficultés liées au mode de désignation des députés européens de nos départements et territoires - dispersés dans un Outre-mer planétaire - rendaient indispensable que la tête de liste soit connue, reconnue et appréciée bien au-delà de sa seule collectivité. Ni Jean-Claude Fruteau, ni Margie Sudre n’ont, en dehors de La Réunion, l’aura de Paul Vergès. C’est une évidence. Or on ne votera pas, le 13 juin prochain, dans une seule région ou pays d’outre-mer.
Là-bas aussi, on va choisir...
Raymond Lauret,
conseiller régional
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