Monde

La civilisation de l’île de Pâques détruite par les Occidentaux et leurs virus

Le même génocide qu’au moment de la conquête des Amériques et de l’Océanie par les Européens

Manuel Marchal / 26 février 2021

Depuis que l’environnement est devenu une préoccupation majeure, il est question des effets désastreux de la surexploitation des ressources. Et de citer comme exemple la disparition de la civilisation de l’île de Pâques, en raison d’une surexploitation d’un environnement insulaire par les autochtones. Mais la science tort le cou à cette idée reçue. En réalité, les habitants de l’île de Pâques ont été exterminés par les Occidentaux et leurs maladies, d’où la chute d’une civilisation dont les monuments survivront bien après la disparition de la société de consommation.

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Située dans l’océan Pacifique, l’île de Pâques est connue pour ses imposants monuments de pierre, des monolithes dressés tels des menhirs, avec un visage humain. Aujourd’hui, le faible nombre d’habitants dans l’île et son mode de vie ne peuvent expliquer de telles constructions. Il était donc clair qu’une civilisation suffisamment organisée et peuplée était capable d’une telle prouesse. Mais comment expliquer la fin de cette société ?

Jusqu’ici, la thèse dominante était l’épuisement des ressources de l’île par une exploitation non-durable, ce qui aurait entraîné des conflits et l’effondrement. Cet exemple tombait à pic, au moment où les dirigeants du monde avaient enfin fait de l’environnement une préoccupation importante. La disparition de la civilisation de l’île de Pâques montrait ce qu’il ne fallait pas faire, et pour l’Occident, cette thèse avait un atout : elle montrait qu’un peuple sans lien avec lui était capable de surexploiter la nature au point d’aller vers la disparition d’une civilisation. Autrement dit, le pire exemple à ne pas suivre n’était pas occidental, mais issu d’un pays colonisé.

Mais la recherche scientifique a donné une toute autre version des faits. C’est ce qu’a indiqué Nicolas Cauwe, archéologue, dans l’émission « Le temps d’un bivouac » du 20 février dernier. Voici donc les faits qui ont causé la disparition de la civilisation de l’île de Pâques :

« La cause de leur disparition est malheureusement assez traditionnelle : c’est la rencontre avec l’extérieur. Lorsque le monde non-polynésien a découvert cette île vers 1722, il a apporté avec lui des maladies pour lesquelles les habitants n’avaient pas d’immunité. Il va procéder à des exactions et à des raids esclavagistes. Les Occidentaux sont allés puiser dans la population de l’île de Pâques du personnel bon marché pour le continent Nord-américain. Avec leurs armes à feu, les envahisseurs ont vite eu le dessus. Il s’est passé ce qui est arrivé aux Indiens en Amérique du Nord, ou d’Amérique du Sud et un peu partout. »

Autrement dit, l’esclavage, la contamination par les virus importés d’Occident et les armes à feu ont détruit en quelques années une civilisation qui a été capable de construire des monuments capables de défier les millénaires.
Ainsi donc, la disparition de la civilisation de l’île de Pâques n’est pas du fait des autochtones, mais par l’invasion de ce pays par des pilleurs occidentaux. Comment réparer une telle perte pour l’humanité ? Ceci pose une nouvelle fois la responsabilité historique des dirigeants occidentaux actuels : vont-ils agir pour réparer les crimes de leurs prédécesseurs ?

M.M.