Plusieurs millions de personnes supplémentaires en insécurité alimentaire

La crise au Moyen-Orient aggrave la faim dans les pays les plus vulnérables

6 juin, par Manuel Marchal

La crise au Moyen-Orient entraîne une hausse des prix du pétrole, des engrais et des denrées alimentaires, aggravant la faim dans les pays les plus vulnérables. Selon le Programme alimentaire mondial, 2,5 millions de personnes supplémentaires sont touchées en Somalie, 2,3 millions en Afghanistan et 1,3 million au Sri Lanka. Les populations les plus vulnérables paient le prix d’un conflit lointain. L’ONU appelle à renforcer d’urgence l’aide humanitaire pour éviter une catastrophe alimentaire.

Trois mois après avoir lancé l’alerte, le Programme alimentaire mondial (PAM) constate que ses prévisions les plus inquiétantes sont en train de se réaliser. L’aggravation de la crise au Moyen-Orient provoque une hausse durable des prix du pétrole, des engrais et des denrées alimentaires, avec des conséquences dramatiques pour des millions de personnes vivant déjà dans la précarité.
Selon une nouvelle analyse des Nations unies, des millions d’habitants de pays particulièrement vulnérables basculent dans l’insécurité alimentaire. En Somalie, 2,5 millions de personnes supplémentaires peinent désormais à se nourrir correctement. En Afghanistan, ce sont 2,3 millions de personnes qui voient leurs conditions de vie se dégrader, tandis qu’au Sri Lanka, 1,3 million d’habitants supplémentaires ont des difficultés à satisfaire leurs besoins alimentaires essentiels.

Les plus vulnérables subissent les conséquences les plus lourdes

Cette situation illustre une fois de plus les profondes inégalités qui caractérisent l’économie mondiale. Alors que les conflits se déroulent parfois à des milliers de kilomètres, ce sont souvent les populations les plus vulnérables qui en subissent les conséquences les plus lourdes. Les pays dépendants des importations alimentaires et énergétiques sont particulièrement exposés à la flambée des prix. Dans de nombreux marchés, les produits restent disponibles, mais deviennent inaccessibles pour une part plus grande de la population.
Le PAM souligne également l’apparition de nouveaux groupes touchés par la faim. Les habitants des quartiers urbains les plus pauvres et les communautés rurales marginalisées figurent parmi les premières victimes de cette dégradation. Les éleveurs somaliens, déjà fragilisés par les sécheresses répétées, sont confrontés à une situation de plus en plus critique.

Menace pour les futures récoltes

Les mois à venir suscitent de vives inquiétudes. La hausse du coût des engrais et du carburant menace les récoltes futures dans de nombreuses régions du monde. Même en cas d’apaisement rapide du conflit, les effets sur les prix agricoles et sur les moyens de subsistance devraient se prolonger pendant plusieurs années.
Cette crise met également sous tension l’ensemble du système humanitaire international. Le Programme alimentaire mondial doit faire face simultanément à l’augmentation des besoins, à la hausse des coûts de distribution et à la diminution des financements. Faute de ressources suffisantes, l’organisation prévoit de venir en aide à 1,5 million de personnes de moins que prévu en 2026.
Face à cette situation, les Nations unies appellent la communauté internationale à renforcer d’urgence son soutien aux programmes humanitaires. Sans mobilisation rapide, des millions de familles risquent de sombrer dans une crise alimentaire aux conséquences catastrophiques. Plus que jamais, la solidarité entre les peuples apparaît comme une nécessité pour répondre à une crise qui dépasse largement les frontières du Moyen-Orient.

M.M.

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