« Accord de libre-échange entre L’Union européenne, les Comores, Maurice, Madagascar et les Seychelles : graves conséquences pour les Réunionnais pas consultés »
7 juin, par10 juin : signature de l’APE UE-Afoa
Un problème de fond de nos sociétés, avec des conséquences graves
9 juin 2005

On ne dira jamais assez à quel point il est important de mener la lutte pour la défense des droits sociaux en ces temps où triomphent le libéralisme et la loi du tout marché. Mais il ne faut pas oublier un autre combat qui va avec : celui pour faire respecter la démocratie, tant celle-ci est massacrée. Qu’on en juge à travers quelques exemples tirés de la dernière période.
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Afin de défendre leurs intérêts économiques à l’échelle du continent européen et de la planète, et pour augmenter leur richesse, les classes dominantes en Europe décident d’inscrire la politique des États européens dans une Constitution européenne. Cette Constitution doit favoriser les catégories les plus favorisées, sinon elles n’auraient jamais défendu un tel projet.
Pour que le contenu de ce texte soit ficelé comme l’entendent les “élites”, on le fait rédiger par un groupe de conventionnels triés sur le volet et n’ayant reçu aucun mandat populaire pour cela.
Un processus non démocratique
Et pour que ce texte - bourré de compromissions entre les libéraux de droite et de gauche d’une part et le grand capital d’autre part - soit ratifié par les 25 pays membres de l’Union, ses promoteurs politiques mettent en place un processus non démocratique :
- la ratification peut se faire soit par les parlements nationaux qui n’ont pas reçu de mandat pour cela, soit par voie référendaire ;
- la procédure de ratification est étalée sur une longue période, avec un calendrier particulièrement étudié afin de faire pression sur les votants récalcitrants ;
- on annonce que si le projet est rejeté, on revotera sur le même texte car il n’est pas question de le modifier ;
- dès le départ, la majorité des chefs d’État et de gouvernement décident de ne pas demander l’avis au peuple mais de faire voter les parlementaires.
Un référendum non démocratique
Dans les pays où les dirigeants pensent que le “oui” va l’emporter et que cela pourra servir leurs intérêts électoraux, ils organisent un référendum. Mais là aussi la démocratie est piétinée. Dans un pays comme l’Espagne, on prive les électeurs d’une partie essentielle du texte. En France, le débat démocratique est faussé par la propagande d’État, par les médias dominants, leurs journalistes, leurs “experts” partisans et par des moyens d’information inégaux entre les deux camps.
Dans le même temps, on diabolise et on culpabilise ceux qui pensent que ce projet de Constitution, malgré toutes ses belles promesses, n’est pas bon : ni pour les peuples, ni pour l’Europe. On les accuse d’être “contre l’Europe”, de vouloir isoler et affaiblir leur pays, de rejeter les aides européennes aux populations etc...
Bref : il n’y a qu’une solution pour les électeurs : voter “oui” ou... “oui”, sinon ce sera le chaos, la construction européenne au service des populations sera stoppée. De toute façon, il n’y aura pas de renégociation.
Un projet non démocratique
Au passage, rappelons que le contenu même de ce projet de Constitution est anti-démocratique :
- il vise à sacraliser la loi du marché avec la concurrence libre et non faussée ;
- il met les humains au service d’une économie compétitive et donc des plus forts ;
- il ne donne pas le pouvoir au peuple et à ses représentants, il donne une indépendance totale au pouvoir financier incarné par la Banque centrale européenne etc.
En définitive, le contenu de ce projet de traité entre 25 puis 27 États, voire davantage, aggrave les contradictions sociales, fragilise les populations les plus pauvres et accentue les oppositions entre les peuples. Tout cela est contraire à la démocratie sociale et à la coopération internationale pour le progrès de tous.
Rappelons que sur la forme, ce texte est également non démocratique puisqu’il est illisible et incompréhensible pour l’immense majorité de la population.
Ils crachent sur le résultat
Quand la majorité des électeurs en France et Outre-mer, dans un admirable élan de lucidité et de résistance, parvient à déjouer tous ces pièges - y compris les fraudes comme à Saint-Pierre - et vote “non”, les tenants du “oui” crachent sur les résultats du référendum.
À l’occasion d’un remaniement ministériel, les dirigeants de l’UMP prennent les mêmes et recommencent. Et lors d’une réunion de son instance dirigeante transformée en Conseil de discipline stalinien, les dirigeants du PS, au lieu de reconnaître leurs erreurs, punissent ceux des leurs qui ont fait le bon choix. Ils continuent d’affirmer que ce projet de Constitution européenne ne contient que des avancées et les vainqueurs du référendum sont sanctionnés !
En Grande-Bretagne, les dirigeants travaillistes du pays décident d’annuler le référendum lorsqu’ils se rendent compte que la majorité des électeurs est décidée à voter “non”.
Remarquons enfin que les patrons des médias et leurs “experts” qui ont milité pour le “oui” ne reconnaissent pas non plus qu’ils se sont trompés et qu’ils ont trompé leurs lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs. Bravo chers confrères...!
Des conséquences graves
Soyons sérieux. Il est important de prendre la mesure de ce déni démocratique de la part des dirigeants et des “élites” de pays européens qui se prétendent des modèles de démocrates pour la planète.
En effet, un tel comportement est lourd de conséquences pour les populations concernées. Non seulement il porte atteinte à un droit fondamental des citoyens, mais encore il risque de détourner encore davantage de personnes de la chose politique, c’est-à-dire de la vie de la cité. Pour le bénéfice de qui ? Uniquement pour le plus grand profit des classes dominantes.
Tout cela nous conforte dans l’idée que le combat pour la démocratie est un combat essentiel aujourd’hui pour le progrès de nos sociétés et pour un développement durable de la planète.
L. B.
10 juin : signature de l’APE UE-Afoa
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