La France reconnaîtra l’État de Palestine en septembre, a annoncé Emmanuel Macron

26 juillet 2025, par temoignagesceline

Le président français, Emmanuel Macron s’est dit « fidèle à son engagement historique pour une paix juste et durable au Proche-Orient ».

La France va reconnaître l’État de Palestine, a annoncé le président de la République Emmanuel Macron sur le réseau social X, le 24 juillet. « Fidèle à son engagement historique pour une paix juste et durable au Proche-Orient, j’ai décidé que la France reconnaîtra l’État de Palestine. J’en ferai l’annonce solennelle à l’Assemblée générale des Nations unies, au mois de septembre prochain », a-t-il écrit.

La France coprésidera avec l’Arabie saoudite une conférence internationale au niveau des chefs d’État et de gouvernement, dont le but sera de relancer la solution dite « à deux États », palestinien et israélien.

Cette conférence, initialement prévue en juin, avait été reportée au dernier moment en raison de la guerre entre Israël et l’Iran. D’ici là, une réunion au niveau ministériel se tiendra les 28 et 29 juillet à New York.

La France saluée pour son engagement

Le vice-président de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hussein al-Cheikh, a salué l’intention de la France de reconnaître l’État de Palestine, remerciant le président Emmanuel Macron. « Cette position reflète l’attachement de la France au droit international et son soutien aux droits du peuple palestinien à l’autodétermination et à l’établissement de notre État indépendant », a-t-il déclaré.

« Nous considérons cela comme une étape positive dans la bonne direction pour rendre justice à notre peuple palestinien opprimé et soutenir son droit légitime à l’autodétermination », a écrit dans un communiqué le groupe islamiste à l’origine de l’attaque du 7 octobre 2023, appelant « tous les pays du monde - surtout les nations européennes et celles qui n’ont pas encore reconnu l’État de Palestine - à suivre l’exemple de la France ».

Pour le ministère saoudien des Affaires étrangères, « le Royaume salue cette décision historique qui réaffirme le consensus de la communauté internationale sur le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à l’établissement d’un État indépendant sur les frontières de 1967 ». Ryad a également appelé les autres pays à prendre « des mesures positives similaires ».

De son côté, le ministère jordanien des Affaires étrangères a déclaré que « le Royaume apprécie la décision du président français, la considérant comme une étape importante dans la lutte contre les efforts visant à nier le droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination et à la création d’un État indépendant et souverain sur son sol national ».

L’Espagne et l’Irlande ont aussi salué cette décision : La « seule solution », a estimé le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, qui a assuré qu’« ensemble, nous devons protéger ce que (Benyamin) Netanyahou essaie de détruire. La solution à deux États est la seule solution ». Pour le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Harris,la décision de la France est la « seule base durable pour la paix et la sécurité tant pour les Israéliens que pour les Palestiniens ».

Israël dénonce

La décision française de reconnaître l’État de Palestine « récompense la terreur », a estimé Benyamin Netanyahou. Selon ce dernier, cette initiative du président Emmanuel Macron « risque de créer un autre proxy iranien, tout comme Gaza l’est devenu », ce qui serait « une rampe de lancement pour anéantir Israël - et non pour vivre en paix à ses côtés ». « Soyons clairs : les Palestiniens ne cherchent pas à obtenir un État aux côtés d’Israël, ils cherchent un État à la place d’Israël », a-t-il ajouté.

De son côté, le vice-premier ministre israélien Yariv Levin a critiqué la décision de la France, la qualifiant de « tache noire dans l’histoire française et d’aide directe au terrorisme ». Yariv Levin, qui est également ministre de la Justice, a déclaré que la « décision honteuse » de la France signifiait qu’il était désormais « temps d’appliquer la souveraineté israélienne » en Cisjordanie, territoire qu’Israël occupe depuis 1967.

142 États reconnaissent un État palestinien

À ce jour, au moins 142 États ont reconnu un État palestinien, selon un décompte de l’Agence France Presse. Les États-Unis et Israël s’opposent fermement à cette reconnaissance d’un Etat palestinien. Or « l’urgence est aujourd’hui que cesse la guerre à Gaza et que la population civile soit secourue », a écrit le président français sur X.

Dans ce contexte, « il faut enfin bâtir l’État de Palestine, assurer sa viabilité et permettre qu’en acceptant sa démilitarisation et en reconnaissant pleinement Israël, il participe à la sécurité de tous au Proche-Orient », a-t-il ajouté.

En franchissant le pas de la reconnaissance, la France entend « apporter une contribution décisive à la paix au Proche-Orient » et « mobilisera tous ceux de ses partenaires internationaux qui souhaitent y prendre part », a écrit également Emmanuel Macron dans une lettre adressée au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.


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