Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
18 avril 2005

Le Conseil délibératif de la FSU Réunion, réuni samedi dernier, s’est prononcé à l’unanimité contre le projet de Constitution européenne. On lira ci-après le texte adopté sur ce sujet.
(Page 5)
Syndicalistes, nous sommes quotidiennement confrontés, à La Réunion, en France et en Europe, aux conséquences d’une politique européenne basée sur le seul principe d’une "économie de marché ouverte où la concurrence est libre et non faussée". C’est ce principe que le projet de traité soumis au référendum entend constitutionnaliser, sans espoir réel de changement du fait de la règle de l’unanimité des vingt-cinq États.
En janvier pour défendre les services publics, en février et en mars pour l’emploi, la réduction du temps de travail et les salaires, nous avons fait grève et défilé ensemble pour nos revendications. À Bruxelles le 19 mars, nous avons manifesté pour une Europe du plein emploi, des droits et de la solidarité entre les peuples : défendre la protection sociale et refuser l’incitation à l’allongement de la durée du travail et sa flexibilisation ; refuser que les droits des salariés en activité ou privés d’emploi soient remis en cause, que le chômage et la précarité s’accroissent ; maintenir, partout et pour tous, des services publics. Ces derniers sont confrontés, malgré toutes les déclarations d’intentions sur les Services d’intérêt général, aux directives européennes qui organisent les ouvertures à la concurrence et favorisent ainsi les privatisations. Elles encouragent les délocalisations et le dumping social à l’image du projet de directive de libéralisation des services (Bolkestein).
L’intégration de la Charte des droits fondamentaux, si elle peut apparaître comme un premier pas pour la prise en compte par l’Union des questions sociales, ne crée cependant pas de droit social européen susceptible de rééquilibrer le droit de la concurrence. Celui-ci restera donc le seul droit de nature communautaire et continuera donc à régir la vie de l’Union. Cette Charte est en régression sur de nombreux points par rapport aux droits et aux principes constitutionnels français : elle remplace le droit à l’emploi par le droit de travailler, elle ne crée pas de nouveaux droits sociaux dont le droit de grève à l’échelle européenne, elle refuse de garantir l’harmonisation des droits sociaux par le haut mais par contre elle s’engage à garantir la libéralisation totale du marché, et elle refuse l’égalité des droits de ceux qui résident en Europe sans posséder la nationalité d’un État membre ; d’autre part, elle ignore volontairement la laïcité et l’essentiel des droits obtenus par les femmes, contraception, avortement, divorce, et laisse toute latitude aux États pour les remettre en cause, etc.
Syndicalistes, nous savons que nous avons besoin de l’Europe face à la mondialisation libérale et aux firmes transnationales. Il est urgent de lui donner de nouvelles fondations qui l’émancipent du libéralisme financier prédateur, qui la réconcilient avec le progrès social, la paix, la démocratie, le développement soutenable, la coopération entre les peuples de la planète. Nous sommes des partisans résolus d’une Europe mobilisée contre le chômage, la précarité et la dégradation du cadre de vie.
Il faut renforcer les garanties sociales, développer et coordonner des politiques économiques favorisant l’emploi et harmoniser les fiscalités, promouvoir une Europe des Services publics pour faire pendant à la libre concurrence. Il faut mettre en œuvre un développement économique respectueux des équilibres écologiques et enfin reconnaître l’égalité et les droits pour les femmes. Nous aspirons à une Europe démocratique, fondée sur la citoyenneté pleine et entière de tous ses résidents.
Nous sommes convaincus que le rejet du projet de traité constitutionnel est aujourd’hui la condition pour que cette Europe voie le jour. Ce rejet donnerait un nouveau souffle à tous ceux qui veulent construire une société plus juste et plus solidaire.
En conséquence, la FSU Réunion mènera campagne pour faire connaître son rejet du traité constitutionnel. De fait, la FSU Réunion s’associera à toutes les initiatives conformes à ses mandats pour que le NON l’emporte lors du référendum du 29 mai.
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