Acte de piraterie de soldats de Trump qui attaquent un pétrolier dans l’océan Indien

La guerre de Trump aux portes de La Réunion

11 février, par Manuel Marchal

La saisie d’un pétrolier dans l’océan Indien par les États-Unis révèle que la guerre lancée par Donald Trump déborde jusqu’à notre région. Cette démonstration de force menace la paix et banalise une piraterie d’État aux portes de La Réunion.

La guerre lancée par Donald Trump contre les concurrents économiques de la classe des ultra-riches étasuniens se rapproche dangereusement de nous. En annonçant lundi la saisie, dans l’océan Indien, d’un pétrolier ayant fui le blocus décrété par Washington contre le Venezuela, le Pentagone a franchi une ligne rouge. Ce qui se joue ici n’est pas une simple opération de contrôle maritime : c’est l’extension d’un conflit décidé unilatéralement par les le chef des États-Unis, jusque dans des eaux qui bordent La Réunion et l’ensemble de notre région.

Guerre de course près de chez nous

Sous couvert de sanctions économiques, c’est le retour des corsaires, Trump s’arroge le droit d’intercepter des navires loin de ses côtes, au mépris du droit international et de la souveraineté des peuples. Appeler cela autrement que de la piraterie moderne relève de l’hypocrisie. Quand une grande puissance arme ses navires pour imposer sa loi sur les mers en attaquant des navires de commerce, il ne s’agit plus de diplomatie mais de guerre de course.

L’océan Indien n’est pas un terrain de jeu pour les va-t-en-guerre. Les peuples qui y vivent — à La Réunion, à Madagascar, aux Comores, en Inde ou en Afrique de l’Est — ont une longue histoire de commerce, de métissage et de coexistence pacifique. Cette région n’aspire ni à la confrontation militaire ni à servir de décor à des démonstrations de force dictées par des intérêts étrangers.

Qu’ils aillent s’amuser ailleurs

Voir des bâtiments militaires patrouiller toujours plus près de nos routes maritimes devrait nous alerter collectivement. La sécurité ne se construit pas par les blocus et les saisies arbitraires, mais par le dialogue et le respect mutuel. Si certains dirigeants veulent jouer à la guerre, qu’ils le fassent chez eux,loin de nos océans et de nos populations.

Les militaires n’ont rien à faire ici. L’océan Indien est un espace de vie et d’échanges, pas un champ de bataille. À ceux qui rêvent d’y exporter leurs conflits, nous devons répondre clairement : qu’ils aillent s’amuser ailleurs.

M.M.

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