Menaces de Donald Trump contre Cuba

La Maison-Blanche face à une perte de confiance stratégique envers le dollar et le système monétaire dominé par Washington

15 janvier

Voici le résumé d’un entretien de Salim Lamrani avec la chaîne suisse Observ Actu TV à propos des menaces de Donald Trump contre Cuba

La décision de la Chine de réduire ses avoirs en bons du Trésor américain marque un tournant majeur dans l’ordre économique mondial. Loin d’un simple ajustement financier, ce mouvement traduit une perte de confiance stratégique envers le dollar et le système monétaire dominé par Washington. En développant des alternatives — commerce en monnaies locales, accumulation d’or, systèmes de paiement autonomes — Pékin anticipe un monde multipolaire où l’hégémonie financière des États-Unis s’érode progressivement. Cette transition, silencieuse mais profonde, pourrait redessiner durablement les rapports de force internationaux.

Réponse à l’utilisation croissante de la finance comme arme géopolitique par Washington

Pendant des décennies, la puissance des États-Unis ne s’est pas seulement appuyée sur leur force militaire ou technologique, mais sur un mécanisme financier unique : le rôle central du dollar comme monnaie de réserve mondiale. Ce statut a permis à Washington de financer ses déficits colossaux en émettant une dette achetée par le reste du monde, au premier rang duquel la Chine. Or, ce pilier fondamental montre aujourd’hui des fissures.

La réduction progressive par Pékin de ses avoirs en bons du Trésor américain n’est ni accidentelle ni conjoncturelle. Elle constitue un signal politique et stratégique fort. En vendant cette dette, la Chine indique qu’elle ne souhaite plus dépendre d’un système où ses réserves peuvent être diluées par l’impression monétaire américaine ou gelées par des sanctions. Ce choix s’inscrit dans une logique d’autodéfense économique face à l’utilisation croissante de la finance comme arme géopolitique par Washington.

Alternatives au dollar US

Contrairement aux analyses occidentales qui affirmaient qu’une telle décision serait suicidaire pour la Chine, Pékin a patiemment préparé des alternatives. Le développement du commerce bilatéral en monnaies locales, la création du système de paiement CIPS en alternative à SWIFT, l’accumulation massive d’or et l’expérimentation du yuan numérique constituent les piliers d’une architecture financière parallèle. Pris isolément, chacun de ces éléments semblait marginal ; ensemble, ils dessinent un basculement structurel.

Remise en cause d’un système fondé sur la confiance et l’unipolarité

Ce mouvement dépasse largement la relation sino-américaine. Le Japon, l’Arabie saoudite et d’autres acteurs majeurs ont eux aussi réduit leur exposition à la dette américaine. Dans le même temps, la Réserve fédérale rachète une part croissante de cette dette, accentuant la monétisation et fragilisant la confiance globale. Historiquement, ce processus a toujours conduit à des crises, plus ou moins brutales.

Plusieurs scénarios se dessinent : un ajustement progressif du rôle des États-Unis, une réaction agressive visant à préserver l’ordre existant, une crise financière majeure ou, plus probablement, une fragmentation du système monétaire mondial en blocs concurrents. Ce dernier scénario annoncerait la fin du « privilège exorbitant » américain sans effondrement immédiat, mais avec des conséquences durables sur les niveaux de vie, le commerce et la stabilité internationale.

Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas une attaque frontale contre les États-Unis, mais la remise en cause d’un système fondé sur la confiance et l’unipolarité. En réduisant sa dépendance au dollar, la Chine a montré qu’une alternative était possible. Ce geste, discret mais irréversible, pourrait bien marquer l’entrée dans une nouvelle ère économique mondiale potentiellement plus équilibrée.

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