Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Colloque international de l’UNESCO du 24 au 26 janvier
24 janvier 2012

« Comprendre la violence vécue par les personnes dans l’extrême pauvreté. Identifier les chemins vers la paix ». Tel est le thème du colloque international organisé depuis hier jusqu’à jeudi en France à Pierrelaye (Val-d’Oise) par la Maison de l’UNESCO.
Pendant trois ans, le Mouvement international ATD Quart Monde a mené une recherche sur les liens entre misère, violence et paix. Plus de 1.000 personnes de 25 pays à travers le monde ont participé à ce travail.
La plupart vivent elles-mêmes dans des conditions de grande pauvreté et d’insécurité. D’autres sont des citoyens qui sont engagés dans une démarche de solidarité à leurs côtés.
On juge souvent les personnes très pauvres comme celles qui commettent elles-mêmes des violences, contre lesquelles la société doit se protéger, oubliant qu’elles sont les premières victimes de violences quotidiennes. L’actualité ne cesse de nous le démontrer : décrets pour poursuivre ceux qui mendient, qui vivent dans la rue, et expulser ceux qui vivent sur des terrains sans en avoir formellement le droit.
La violence engendrée par la misère
Ces personnes font ainsi l’objet d’une véritable discrimination à cause de leur origine sociale. Elles sont dans une situation de grande pauvreté et subissent des violations de leurs droits répétées, culpabilisées de ne pas réussir quand les projets qui leur sont destinés ne correspondent pas à leur situation, rarement associées parce que d’autres prétendent savoir à leur place ce qu’il faut entreprendre, manipulées dans les conflits armés puis rejetées au moment des processus de paix, etc.
La violence vécue et racontée par des personnes dans l’extrême pauvreté a été au cœur d’une recherche entreprise pendant trois ans par ATD Quart Monde. Les personnes vivant elles-mêmes dans cette situation ont été des véritables contributeurs à cette réflexion : ils ont partagé leur expérience et apporté leur savoir qui a été croisé avec celui des autres participants venant de différents milieux (universitaires, chercheurs, professionnels... etc.). Cela a permis une réflexion plus globale sur la relation entre la violence engendrée par la misère et la contribution à la paix.
| Les objectifs du colloque
• Analyser la violence de l’extrême pauvreté. • Créer un dialogue et un apprentissage réciproque entre des personnes d’horizons très différents. • Identifier les moyens pour mettre fin aux situations de violence subies par les personnes vivant dans des conditions d’extrême pauvreté, pour construire la paix. • Partager les résultats du projet avec des universitaires et des personnes engagées sur les questions de droits humains, de justice sociale et de développement durable, ainsi qu’avec des groupes et associations dans lesquels les personnes vivant la pauvreté sont les acteurs majeurs. Cette démarche, soutenue financièrement par l’UNESCO, trouve ses origines dans le combat mené par Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde, qui affirmait : « la violence du mépris et de l’indifférence crée la misère, car elle conduit inexorablement à l’exclusion, et le rejet de l’homme par les autres hommes. » |
| Les thèmes du colloque
• Les privations matérielles et le déni des droits fondamentaux. • Les violences institutionnelles et leurs conséquences. • La non-reconnaissance des personnes en situation de pauvreté comme des êtres humains à part entière. • Les difficultés pour adapter les projets aux besoins des personnes les plus défavorisées. • Les résistances à la violence et les chemins vers la paix. • Le croisement des différentes sources de connaissance au service de la paix. |
| Paroles d’intervenants
• « L’extrême pauvreté est en elle-même une forme de violence, car cela crée un environnement dans lequel les enfants et les familles doivent se battre tous les jours pour leurs droits. » (Déclaration de Crystal Danzler, 17 ans, extraite d’une intervention aux Nations Unies en février 2011)
• « C’est humiliant de ne pas pouvoir nourrir sa famille. Ça te fait mal au cœur, tu veux faire du bien pour tes enfants, pour toi-même, même aider un ami si tu peux te le permettre. Tu te sens inutile. Parfois, tu te sens mieux dans la rue, mais quand tu rentres à la maison les problèmes familiaux te font de la peine. » (Séminaire à l’île Maurice, décembre 2009) |
| Qui participe au colloque ?
• Des participants au projet qui ont une expérience directe de l’extrême pauvreté. • Des universitaires de disciplines en relation avec les thèmes travaillés. • Des personnes venant d’horizons variés : praticiens, responsables institutionnels, représentants d’institutions internationales. 1.000 personnes ont été impliquées dans la réflexion préparatoire à ce colloque, y compris les personnes en situation d’extrême pauvreté dans les pays suivants : Allemagne, Belgique, Bolivie, Burkina Faso, Canada, Égypte, Espagne, États-Unis, France, Guatemala, Haïti, Honduras, Île Maurice, Irlande, Liban, Madagascar, Mexique, Pérou, Philippines, République centrafricaine, République Démocratique du Congo, Royaume-Uni, Sénégal, Suisse. Les participants à ce projet ont examiné en quoi la violence de l’humiliation, les violences historiques et des conditions sous-humaines créent et renforcent l’extrême pauvreté, mais aussi comment les personnes vivant ces situations y font face et quelles perspectives de paix elles font émerger. |
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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