Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Référendum du 29 mai
2 mai 2005

Lors de la première rencontre-débat du collectif du Tampon pour le “non”, son président, Lilian Payet, a précisé que ’le collectif n’a rien d’un comité de soutien avec des noms sur papier, mais c’est bien un ensemble de Tamponnaises et de Tamponnais de sensibilités politiques diverses, actifs, agissants, militants pour le vote du “non”’.
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Le collectif a réuni samedi après-midi 120 personnes : des socialistes, des communistes, des personnes de droite, des étudiants et la “société silencieuse”... L’ancien sénateur et vice-président du Conseil régional Lilian Payet a animé cette rencontre mobilisatrice, où étaient notamment présents Philippe Berne, Claude Hoarau, Max Banon, Guy Jarnac, Rose-May Gibralta (conseillère municipale), Maylène Berne (conseillère municipale), Joachime Dhaussy (conseillère régionale).
Après cette rencontre, Lilian Payet a répondu aux questions de “Témoignages”.
o Quelles seraient pour vous les conséquences de la ratification de la Constitution européenne ?
- Les articles les plus caractéristiques de la Constitution, lus par les jeunes en préambule lors de notre débat, révèlent les dangers de ce projet. La perte de la souveraineté nationale (art.1.6) rendra la France impuissante à nous défendre lorsqu’il s’agira de prendre des mesures pour notre propre développement.
o Quels sont les dangers pour La Réunion ?
- Les nombreux interdits et incompatibilités qui canalisent bien le rôle de chaque État-membre menacent notre économie insulaire, nos emplois, nos entreprises, nos terres, notre patrimoine.
Nos spécificités reconnues sont vouées aux oubliettes au nom de la "concurrence libre et non faussée", au nom d’une "croissance économique équilibrée" pour chaque État. Nous risquons de faire les frais de l’application de ces lois européennes.
Bien d’autres thèmes aussi dangereux ont été débattus (possibilité pour chaque citoyen de l’Union de venir prendre un travail à La Réunion, etc...). Si la Constitution est ratifiée, nos ennuis commencent. Les aides existantes seront réparties sur 25 pays, au lieu de 15. La "libre concurrence non faussée" nous tuera. Si le “non” l’emporte, nous aurons au moins ce que nous avons aujourd’hui. La devise de l’Union est "unie dans la diversité" (art1.8). D’accord ! Mais pour nous, ce sera : “unis dans la diversité, dans le doute, dans l’incertitude, dans la pauvreté”.
o Comment allez-vous convaincre les Tamponnais de voter “non” ?
- Deux permanences sont mises en place : une à Trois-Mares, chez Jeannot Técher, et l’autre à mon domicile. Tous les membres du collectif sillonneront le Tampon, organisant des débats, des réunions publiques, diffusant des tracts et dialoguant avec la population.
Propos recueillis par Jean-Fabrice Nativel
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