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Mozambique
17ème anniversaire de la mort du premier président du pays
29 octobre 2003

Le président mozambicain, Joaquim Chissano, a affirmé dimanche que rien de nouveau n’avait été trouvé pour aider à expliquer les causes de l’accident d’avion qui avait coûté la vie, le 19 octobre 1986, à Samora Machel, premier président du pays. Joaquim Chissano a fait cette déclaration à Beira lors de la commémoration du 17ème anniversaire de la mort de Samora Machel.
Pour la première fois, les principales cérémonies de commémoration de la mort du président Machel ont eu lieu à Beira et non pas à Maputo, la capitale. Après avoir déposé une gerbe de fleurs à la mémoire de son prédécesseur, le président Chissano a souligné que son gouvernement va continuer à enquêter pour savoir qui était exactement responsable de cette catastrophe. Le président Machel est mort en revenant d’un sommet en Zambie. Au lieu d’atterrir à Maputo, son avion s’est écrasé sur une colline à Mbuzini, en Afrique du Sud. Selon une rumeur largement répandue à Maputo, l’armée sud-africaine, sous le régime de l’apartheid, aurait réussi à détourner l’avion de sa route normale en utilisant un radiophare (VOR) pirate (une balise de navigation) émettant sur la même fréquence que celle de l’aéroport de Maputo.
« Toutes les pistes suivies n’ont pas encore permis d’approfondir les investigations », a reconnu le président Chissano. « Nous devons avoir des preuves de ce que nous avons toujours pensé être la cause de l’accident d’avion de Samora Machel. Nous pensons que le régime de l’apartheid est responsable de l’accident. Nous l’avons toujours dit et nous continuons à le croire », a-t-il ajouté. Même si l’apartheid a été aboli, il est toujours possible, selon Joaquim Chissano, de trouver la vérité et l’actuel gouvernement sud- africain aimerait également connaître la vérité, « parce que nous menions tous le même combat ». « Il nous faut faire preuve de patience et espérer qu’un jour nous aurons les preuves nécessaires pour résoudre cette énigme définitivement », a-t-il encore affirmé.
Joaquim Chissano a ajouté qu’il ne s’agissait pas du seul cas de mort d’un homme d’État non élucidé pendant des années. Il a cité la mort du Premier ministre suédois, Olof Palme (1986), du Premier ministre portugais, Francisco da Carneiro (1980) et du président américain John Kennedy (1963). Par ailleurs, le fils du président défunt, Samora Machel Junior ("Samito"), s’exprimant samedi soir à la télévision mozambicaine, a déclaré qu’il était convaincu que des Mozambicains avaient trempé dans le complot qui avait conduit à la mort de son père. Mais à la question de savoir si ces personnes étaient membres du gouvernement ou des forces armées, il a répondu qu’il n’avait pas de certitudes. Il a ajouté que la famille Machel détenait « beaucoup d’informations » sur l’accident d’avion à Mbuzini, mais qu’elles n’étaient pas suffisantes pour faire des accusations précises.
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