Contrairement à tout ce qui a été dit par l’UMP.S. durant la campagne du référendum

La nouvelle ministre des Affaires européennes donne raison au “non”

8 juin 2005

Catherine Colonna, la nouvelle ministre de la France déléguée aux Affaires européennes, a participé lundi à la première réunion ministérielle des Vingt-Cinq après le séisme du 29 mai et ce sur un dossier symbolique, la directive sur la libéralisation des services. Une réunion au cours de laquelle le “non” a raflé la mise...

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"Cette proposition (Bolkestein - NDLR) a joué un grand rôle, un rôle-clé dans la campagne référendaire française", a rappelé la ministre lors d’une rencontre avec ses collègues européens chargés de la Compétitivité. La "directive Bolkestein", du nom du commissaire néerlandais qui l’avait présentée en 2004, a en effet enflammé les esprits en France, où elle est devenue synonyme de concurrence sauvage entre travailleurs européens pour aller vers le salaire le plus bas.
La France, qui avait obtenu avant le référendum - devant la montée du “non” - la remise à plat de cette proposition, estime que sa position est "renforcée par les électeurs français", qui ont selon Catherine Colonna dit "non" à ce type de libéralisation sans une harmonisation minimale.
"Sinon, c’est la porte ouverte à l’alignement vers le bas", a-t-elle dit en exigeant également l’exclusion de certains secteurs, comme la santé, l’éducation et l’audiovisuel du champ de la directive, ainsi que le droit du travail.
Même si Paris ne s’oppose pas à une législation ouvrant les services à la concurrence, elle entend l’encadrer de manière très stricte et estime disposer d’un droit de veto, alors que ce dossier se décide selon les traités à la majorité qualifiée.

"Les choses continuent"

Ses partenaires, notamment les pays de l’Est, le Royaume-Uni et les "libéraux", très favorables à un texte jugé essentiel pour doper la croissance d’une économie européenne dont 70% du PIB est constitué par les services, n’ont pas renoncé à leurs positions, tout en comprenant la sensibilité française.
L’objectif, pour la France, était de montrer que le résultat du 29 mai ne signifiait pas qu’elle serait désormais effacée sur le terrain européen, comme complexée par le vote du 29 mai.
"Elle tient à jouer tout son rôle", a martelé l’ancienne porte-parole de Jacques Chirac, en soulignant qu’il ne devait y avoir "aucun doute dans l’esprit de nos collègues".
L’Europe ne s’arrête donc pas, mais il faut tenir compte de l’inquiétude manifestée par le peuple français, par exemple sur l’élargissement futur de l’UE, qui "mérite réflexion".
"Les choses continuent parce que c’est la nature de l’Europe de continuer à avancer mais, non, elles ne continuent pas comme si de rien n’était", a averti la ministre. Cette réflexion débutera lors du Sommet européen des 16 et 17 juin, mais se poursuivra bien au-delà de ce rendez-vous.
Tout cela donne raison aux électrices et électeurs qui ont voté “non” le 29 mai et qui remportent ainsi une nouvelle victoire.
Devant la peur du vote des Britanniques


L’Angleterre suspend sa ratification

Le gouvernement britannique a annoncé lundi qu’il suspend le processus de ratification de la Constitution européenne après le “non” des Français et le “nee” des Néerlandais.
Tony Blair et Jack Straw se trouvent, en effet, dans une situation délicate. Ils ont vendu le traité à l’opinion publique comme une victoire de la diplomatie britannique. Ils l’ont signé à Rome le 29 mai dernier. Et ils le soustraient, dans l’immédiat, à l’approbation du Parlement ou de l’électorat britanniques.
"Le processus de ratification n’est pas mort. Il serait mort si le gouvernement britannique voulait abandonner le processus mais ce n’est pas le cas", a estimé Jean-Claude Juncker, le président en exercice de l’Union. Une clause prévoit que si 20 États-membres le ratifient et si les autres "rencontrent des difficultés", le Conseil européen se saisit de l’affaire.


Catherine Colonna dénonce la décision du Royaume-Uni

La ministre française des Affaires européennes, Catherine Colonna, s’est élevée lundi, à l’issue d’un Conseil des ministres européens au Luxembourg, contre la suspension par le Royaume-Uni de son projet de ratification par référendum du Traité constitutionnel.
"L’Europe est une construction collective, c’est collectivement qu’il faudra définir, à l’occasion du Conseil européen à la mi-juin, quelle est la suite de la construction européenne sur le plan institutionnel".


La Pologne envisage un report de son référendum

La Pologne pourrait reporter son référendum sur le projet de Constitution européenne si les Vingt-Cinq ne prennent aucune décision sur l’avenir de ce texte lors du Conseil européen des 16 et 17 juin, a prévenu le président Aleksander Kwasniewski.
La Pologne ne fixera aucune date pour cette consultation, attendue jusqu’alors à l’automne, tant que l’Union européenne n’aura pas évoqué en détails les conséquences du rejet du texte par la France et les Pays-Bas, a-t-il ajouté.


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Témoignages - 82e année


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