Contraste avec La Réunion base de l’OTAN en l’Afrique australe

La Papouasie–Nouvelle-Guinée refuse les bases militaires étrangères

5 juin, par Manuel Marchal

La Papouasie–Nouvelle-Guinée refuse toute base militaire étrangère permanente et affirme que ses infrastructures de défense restent sous son contrôle , malgré sa coopération avec l’Australie et les États-Unis. Cette position contraste avec celle de La Réunion, où les installations militaires relèvent directement de l’État français et ont déjà accueilli des navires de l’US Navy ou un sous-marin nucléaire britannique. La Tour Omega avait déjà fait de l’île une cible de bombardement nucléaire durant les décennies de la Guerre froide.

Alors que les tensions géopolitiques s’intensifient dans la région indo-pacifique, la Papouasie–Nouvelle-Guinée affirme clairement sa volonté de préserver le contrôle de son territoire. Malgré le renforcement de sa coopération avec l’Australie et les États-Unis, le Premier ministre James Marape a réaffirmé qu’aucune base militaire étrangère ne sera autorisée dans son pays.
Cette position intervient alors que l’Australie a financé la modernisation du port et de la base navale de Lombrum, un site considéré comme stratégique dans le Pacifique. Située sur une voie maritime majeure entre l’Asie et le Pacifique Sud, cette installation suscite l’intérêt des puissances occidentales dans un contexte de rivalité croissante avec la Chine.
Pour autant, les autorités papouasiennes tiennent à rappeler que ces infrastructures restent sous contrôle national. Selon James Marape, les partenariats de défense conclus avec Canberra ou Washington ne remettent pas en cause la souveraineté du pays. Les installations appartiennent à la Papouasie–Nouvelle-Guinée et sont administrées par elle. Les forces étrangères peuvent y être accueillies dans le cadre d’accords de coopération, mais elles ne disposent pas de bases permanentes autonomes.
Cette approche contraste fortement avec la situation de La Réunion. Ile africaine de l’océan Indien, l’île accueille gratuitement des infrastructures militaires relevant directement de l’État français. Les décisions stratégiques concernant leur présence, leur développement ou leur emploi sont prises à Paris, sans consulter les Réunionnais.

Le précédent de la Tour Omega à La Réunion

La présence à La Réunion d’un relai de communication des bombardiers nucléaires US, en coopération avec l’armée française, pendant la Guerre froide a fait de notre île une cible potentielle d’une bombe nucléaire. Cette installation a coïncidé avec celle de Michel Debré à La Réunion en tant que député et chef du mouvement néocolonial anti-communiste.
En Papouasie–Nouvelle-Guinée, les dirigeants revendiquent le maintien d’un contrôle local sur les questions de défense, même lorsqu’ils coopèrent étroitement avec des puissances alliées. À La Réunion, les installations militaires participent à la stratégie globale de la France dans l’Indo-Pacifique et répondent avant tout à des objectifs français.
Le débat porte également sur les retombées concrètes pour les populations locales. Les défenseurs du modèle papouasien soulignent que leur pays cherche à préserver sa marge de décision tout en bénéficiant d’investissements étrangers. À La Réunion, force est de constater une présence militaire dont les bénéfices économiques directs sont quasi-nuls au regard des enjeux stratégiques qu’elle implique. Notre pays pourrait être bombardé à cause d’un conflit impliquant la France.

M.M.

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