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13 mars 2012, par

Les rues de Madrid et de toute l’Espagne ont été envahies par des milliers de manifestants, dimanche 11 mars. Mobilisés pour protester contre la réforme du travail, les syndicats ont annoncé une journée de grève générale le 29 mars.
Réforme mise en place par le gouvernement de droite, celle-ci est jugée « inutile, inefficace, injuste ». « Non à la réforme du travail. Grève générale » proclamait une grande banderole accrochée à la Puerta de Alcala, point de ralliement de la manifestation madrilène, selon l’Agence France Presse.
Une réforme « injuste et inadaptée »
23% des Espagnols sont sans emploi, le gouvernement s’attend à une augmentation de 1,4 point en 2012. Avec ces perspectives économiques, le gouvernement a décidé de réformer le système du travail. Mais d’après un sondage, publié dans les médias espagnols, près de trois quarts des Espagnols ne croient pas que cette réforme du marché du travail permettra de créer des emplois. La manifestation de dimanche est une première avant la grande grève prévue, le 29 mars. « Nous faisons aujourd’hui un pas de plus vers la grève générale du 29 mars », a lancé le leader de l’UGT, Candido Mendez, devant la foule. De son côté, Ignacio Fernandez Toxo, secrétaire général de CCOO (Comisiones obreras) a averti « si le gouvernement ne rectifie pas (la réforme du travail), il y aura un conflit et il ne se terminera pas le 29 ».
Nouvelle réforme adoptée le 11 février par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy pour flexibiliser le marché du travail. Cette réforme inclut la baisse des indemnités de licenciement et des mesures pour stimuler l’emploi des jeunes. L’objectif est de relancer la création d’emplois, dans un pays au taux de chômage de 22,85%, et de 48,6% chez les moins de 25 ans.
Pour les syndicats, la mesure va surtout faciliter les licenciements, car « la réforme ne sert qu’à faire baisser le coût des licenciements et donner tout le pouvoir aux patrons. Elle ne va pas aider à créer de l’emploi. Elle ne va qu’empirer les choses » a indiqué Iker Rodriguez, un fonctionnaire de 35 ans, cité par l’AFP.
Avant-gout de grève générale
Les deux grands syndicats espagnols, UGT et CCOO, ont appelé à des rassemblements dans 60 villes du pays contre la réforme du marché du travail, dimanche. Selon les syndicalistes, près d’un demi-million d’Espagnols sont venus fouler les pavés madrilènes. A Barcelone, seconde ville du pays, les syndicats ont annoncé la participation à 450.000, contre 17.000 pour la police. De plus, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les autres grandes villes, dont Valence et Séville.
« Je suis venu parce que je suis convaincu que le néo-libéralisme nous conduit au désastre », a expliqué à l’AFP, un manifestant madrilène, professeur retraité de 64 ans, qui portait une pancarte avec les mots « pour que nos petits-enfants ne soient pas des esclaves ». Drapeaux rouges, pancartes avec les mots « non aux coupes budgétaires », « non à la régression sociale », sous les cris « nous ne paierons pas leur dette avec la santé et l’éducation », les manifestants ont défilé toute la journée. D’autres pancartes ont dénoncé la situation économique du pays, « Avec ces coupes budgétaires, la consommation baisse et le chômage augmente ».
Céline Tabou
Nos peines
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