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4 juin, parNos peines
L’OPEP cherche à maintenir un prix du baril moins cher que le pétrole de schiste
17 décembre 2014, par

Depuis plusieurs mois le prix du baril de pétrole ne cesse de chuter, laissant planer des conséquences considérables sur l’économie mondiale. Dans un contexte de crise économique et financière cette chute vertigineuse pourrait conduire à un nouveau choc pétrolier.
A contrario, les pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole ont affirmé ne pas être touché par cette hausse des cours, comptant sur la dépendance des Etats-Unis au pétrole. Pour l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la consommation de pétrole devrait augmenter de 900.000 barils par jour l’an prochain pour atteindre 93,3 millions de barils par jour (mbj), contre 93,6 mbj anticipés précédemment.
Le pays le plus touché par cette baisse du baril est la Russie, qui en novembre devait perdre près de 100 milliards de dollars, à cause de la baisse des cours du pétrole. Or, le 15 décembre, la Banque centrale russe a prévenu que si les cours du pétrole restaient au niveau actuel, autour de 60 dollars le baril, le produit intérieur brut (PIB) de la Russie pourrait chuter de 4,5 % à 4,8 %.
Dans un tel contexte, le gouvernement russe prévoit une récession en 2015 (-0,8 %), après une croissance d’environ 0,6 % cette année. Les analystes de VTB Capital estiment, quant à eux, que le recul du prix du baril pourrait entraîner un déficit budgétaire de 2 % à 2,5 % du PIB.
D’après Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international (FMI), « la chute du cours du pétrole menace la croissance de l’économie russe ». En effet, les sanctions occidentales, suite au conflit en Ukraine et la baisse du taux de change du rouble étaient des facteurs d’affaiblissement de l’économie russe. Cependant, la baisse des cours du pétrole pèse autant dans l’économie russe.
Si la chute se poursuit, cela signifiera que « la spéculation contribue fortement à pousser les prix à la baisse », a expliqué Abdallah al-Badri, responsable de l’OPEP, rappelant que le plafond de « production de l’OPEP n’a pas changé depuis 10 ans, à quelque 30 millions de barils (mbj)".
Cependant, les pays producteurs non membres de l’OPEP ont augmenté de près de six millions de barils par jour supplémentaires leur offre, raison pour laquelle les cours chutent. Mais pour Abdallah al-Badri, le pétrole de schiste, dont la production a augmenté notamment aux Etats-Unis et au Canada pour atteindre quelque 3 mbj, a « un impact » sur le marché. En effet, le coût de sa production est élevé, soit 70 dollars le baril.
Face à cette situation, les Bourses du Golfe ont poursuivi leur plongeon, alors que les revenus de ces pays dépendent jusqu’à 90 % de l’or noir. Selon des analystes cités par Le Monde, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Qatar et le Koweït cherchent à maintenir la pression sur les producteurs de pétrole schiste et à défendre leurs parts de marché.
D’autant plus que « l’Amérique va dépendre du pétrole du Moyen-Orient pendant de longues années », a indiqué Abdallah al-Badri, indiquant que l’OPEP, qui entend porter « sa production à 93 mbj » en 2040, « sera toujours toujours là ».
Ces monarchies, possèdent des réserves financières de 2.450 milliards de dollars grâce à la manne pétrolière, de fait elles « ne sont pas en danger », a-t-il insisté. Estimant qu’elles « passeront sans problème les deux ou trois prochaines années », il leur a cependant conseillé de « réduire leurs budgets », mais aussi de « baisser les subventions » à la consommation de produits énergétiques.
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