Monde

Lac Tchad : 7 millions de personnes risquent la famine

Nigéria : le Directeur général de la FAO appelle à accroître l’aide humanitaire de manière urgente

Témoignages.re / 8 avril 2017

Selon José Graziano da Silva, directeur de la FAO, il est primordial de restaurer les moyens d’existence pour se rétablir et relancer les efforts de paix dans la région du Lac Tchad.

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« Il est essentiel d’intensifier immédiatement l’aide destinée aux communautés rurales menacées par la faim et vivant dans le bassin du Lac Tchad, une région déchirée par les conflits », a déclaré aujourd’hui M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, lors de sa visite dans l’une des zones affectées par les conflits, au nord-est du Nigéria.

« Nous ne pouvons nous passer de la prochaine campagne de semis car il n’y aura aucune autre récolte importante avant 2018. Si nous ne parvenons pas à relancer la production agricole dès maintenant, les souffrances liées à la faim s’aggraveront et se généraliseront, tandis que la dépendance à l’aide extérieure se poursuivra à l’avenir. Il est temps d’agir maintenant », a indiqué M. José Graziano da Silva.

La plus importante crise humanitaire en Afrique est le résultat de l’insécurité qui prévaut dans le bassin du Lac Tchad, qui englobe plusieurs régions du Cameroun, du Tchad, du Niger et du nord-est du Nigéria. Dans le cas du Nigéria, le conflit a forcé près d’1,9 million de personnes à quitter leurs domiciles et à abandonner leurs moyens d’existence agricoles.

Quelque 7 millions de personnes, à travers la région du Lac Tchad, risquent de souffrir gravement de la faim pendant la saison creuse et requièrent une aide alimentaire d’urgence et un soutien au niveau de leurs moyens d’existence.

« La situation actuelle s’explique en grande partie par les conflits et les groupes armés qui ont détruit les vies et les moyens d’existence des populations de la région du Lac Tchad. Cela ressemble à une « infection opportuniste » qui s’étend dans un corps déjà faible, allant des problèmes sous-jacents de la dégradation de l’environnement, des sécheresses, à ceux liés à la faiblesse des investissements dans le développement rural et aux perspectives d’emploi et d’amélioration des moyens d’existence limitées pour les jeunes (hommes et femmes). Nous devons agir sur les symptomes en rétablissant la paix et en traitant cette maladie, tout en rendant le corps plus fort. Il n’est question que de résilience », a souligné M. José Graziano da Silva.