« Accord de libre-échange entre L’Union européenne, les Comores, Maurice, Madagascar et les Seychelles : graves conséquences pour les Réunionnais pas consultés »
7 juin, par10 juin : signature de l’APE UE-Afoa
50e anniversaire des Accords de paix de Paris
24 janvier 2023

50 ans après l’accord de paix marquant la fin de la guerre du Vietnam, le pays voisin du Laos souffre encore d’une très dangereuse pollution. Ce sont les bombes à sous-munitions dont tous les projectiles n’ont pas explosé à l’impact. Handicap international souligne les conséquences de cette situation sur la vie et l’économie du pays, 50 ans après la guerre.
A partir de 1964 et pendant neuf ans, les États-Unis ont effectué quelque 600 000 missions de bombardement sur le Laos, soit l’équivalent d’un raid de bombardement toutes les huit minutes. Officiellement, cette stratégie du « tapis de bombes » avait pour but de couper les lignes d’approvisionnement d’armes du Vietnam du Nord.
Au total, plus de 270 millions de bombes à sous-munitions ont été utilisées pendant cette guerre. Interdites par le Traité d’Oslo depuis 2008, les bombes à sous-munitions ont des conséquences dévastatrices. Larguées par avion ou tirées depuis le sol ou la mer, elles libèrent à mi-parcours des dizaines, voire des centaines de bombelettes appelées « sous-munitions », qui peuvent couvrir une superficie de la taille de plusieurs terrains de football. Toute personne se trouvant dans la zone d’impact, militaire ou civil, sera très probablement tuée ou grièvement blessée.
Depuis de début de la guerre en 1964, plus de 50 000 personnes ont été tuées ou blessées dans des accidents causés par des restes explosifs de guerre, dont environ la moitié en temps de paix. Certaines munitions n’explosant pas immédiatement à l’impact (entre 5 et 40 %), elles représentent un risque pour les civils des décennies après la fin d’un conflit. Au Laos, on estime à environ 80 millions le nombre d’armes à sous-munitions non explosées et enterrées dans le paysage laotien après la fin de la guerre.
Le 27 janvier 2023 marquera le 50e anniversaire des Accords de paix de Paris. Conclus entre les États-Unis et la République démocratique du Viêt Nam (Nord Viêt Nam), ils scellent le désengagement militaire américain.
50 ans après, les conséquences de cette guerre sont toujours perceptibles au Laos. Plus de 15 000 survivants d’accidents dus aux mines et aux restes explosifs vivent au Laos et beaucoup d’entre eux souffrent de blessures chroniques, ce qui implique un soutien continu.
En outre, il a été confirmé que 1 177,55 km² de terres sont contaminées. Des forêts, rizières, villages, terrains d’écoles et routes se trouvent dans ces vastes zones, dont se retrouvent ainsi dépossédés les habitants. En parallèle, on estime qu’environ 25 % des villages de plus de 10 000 habitants sont contaminés par des munitions non explosées.
« Nous sommes en contact avec des munitions explosives presque tous les jours, nous devons donc être vigilants en permanence. Il y a quelques jours, nous avons trouvé et détruit plus de 10 armes à sous-munitions et munitions explosives en une journée, alors que nous nettoyions une rizière dans le village de Homphanh, dans le district de Houameuang, au nord du Laos ! » témoigne Lamngueun, experte en neutralisation des explosifs et munitions au Laos.
La contamination représente un obstacle majeur au développement du pays en limitant les activités agricoles et forestières, et en augmentant le coût des projets d’infrastructure dans les zones rurales. La dépollution des terres est essentielle pour le développement socio-économique du Laos.
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