Large victoire de l’Alliance

14 juin 2004

La première élection de l’Europe des 25 est riche d’enseignements pour le présent et l’avenir de l’Outre-Mer.

La participation aux élections européennes 2004 dans l’Outre-mer a été plus forte qu’en 1999, mais encore poussive. La Réunion passe tout juste la barre des 40% de votants (elle était sous les 33% en 99) et la progression est tout aussi marquée aux Antilles, même si globalement - et à La Réunion en particulier - la mobilisation des électeurs n’a pas été à la hauteur des enjeux. C’est une première leçon pour l’avenir.
Une deuxième observation porte sur la force du vote sanction dans l’Outre-Mer, où plus des deux-tiers des voix se sont exprimées contre la politique du gouvernement Raffarin, confirmant le vote des régionales et cantonales de mars dernier. Avec, dans l’ensemble de l’outre-mer, plus de 36% des suffrages à l’Alliance, près de 21% à la liste socialiste et un peu plus de 11% pour les Verts, ce sont près de sept électeurs sur dix qui ont rejeté l’Europe vue par l’UMP et ses perspectives de recul social accentué.
Cela veut dire aussi que ces mêmes forces, unies, auraient pu ensemble éliminer la candidate de l’UMP dans l’Outre-Mer. C’est à cette aune que se mesure la campagne de la tête de liste socialiste en Outre-Mer, dont les coups ont été plus dirigés contre l’Alliance que contre la politique du gouvernement. Unies, les forces progressistes enlevaient les trois sièges.
Cela signifie qu’au final, la stratégie de la fédération socialiste de La Réunion, en faisant échouer la première liste d’union pour l’Outre-Mer pour asseoir la réélection de son député sortant, a eu pour effet de priver les Antilles de sa représentation mais aussi de faire réélire la candidate de l’UMP.

Le tour de force de l’Alliance

L’Alliance a réussi le tour de force d’arriver en tête dans tout l’Outre-Mer, où elle totalise 89.585 voix (36,05%), mais son avance n’est pas assez grande pour assurer l’élection de Madeleine de Grandmaison. "Elle est la seule liste présente de façon significative partout. C’est pour nous la plus grande victoire", a commenté hier Paul Vergès en fin de soirée, depuis le quartier-général de l’Alliance, à La Possession. Pour une liste faite en dix jours, à trois semaines du scrutin, c’est un résultat plus qu’appréciable.
Et bien que la campagne ait été très courte, il apparaît que, dans la signification des votes, les arguments de l’Alliance ont produit leur effet, dont elle n’est pas la seule à avoir bénéficier.
On observe en effet qu’après les choix parisiens, les populations d’Outre-Mer ont choisi des candidats de chez eux : La Martinique a massivement voté pour un Martiniquais, l’UDF Jean-Marcel Maran (tête de liste), qui fait dans son île plus de 62% du total de ses voix. La Guadeloupe a mis largement en tête Harry Durimel (Verts), avec 19.430 voix, soit plus 70% de son total de tout l’Outre-Mer.

Protestation amplifiée aux Antilles

À La Réunion, trop d’abstention a privé l’Alliance d’un deuxième siège à moins de cinq mille voix près seulement. Un effort supplémentaire de solidarité, de la part des électeurs réunionnais aurait permis d’atteindre cet objectif et les Antilles-Guyane auraient aujourd’hui une élue.
Pour l’avenir, si les deux “grands partis” - UMP, PS - sauvent leur siège, ils n’en subissent pas moins un échec relatif dans tout l’Outre-Mer, où ils s’équilibrent autour de 20 à 21% des suffrages.
Et au final, Paul Vergès observait hier soir que "le résultat scandaleux qu’on pouvait craindre se vérifie" : les trois élus de l’Outre-Mer sont trois Réunionnais. C’est essentiellement dû à une conjonction de l’abstention - encore trop importante - et de la stratégie de la fédération socialiste locale. "Ce résultat va amplifier la protestation aux Antilles", a ajouté Paul Vergès, qui se trouve être le seul élu de la liste de l’Alliance au terme de ce scrutin.

P. David


Élie Hoarau au 49ème bureau de Saint-Pierre

" A voté ! "

Ce n’est plus une rumeur : c’est une information. À en croire la presse et quelques esprits chagrins qui avaient voulu faire in pla èk in ké la mori, Élie Hoarau a accompli son devoir de citoyen hier après-midi, aux alentours de 16 heures, dans le 49ème bureau de Saint-Pierre, à la mairie annexe de Bois-d’Olives.
Faut-il que la nouvelle effraie à ce point certains, du côté de l’hôtel de ville pour que l’on assiste à tout ce battage médiatique ! Pas la peine, comme l’écrivait “le JIR” dans son édito de samedi dernier, de gesticuler et de crier "au secours, Élie revient !". C’est ce que l’on appelle un secret de polichinelle.
Il est vrai qu’après la défaite de l’UMP les 21 et 28 mars derniers, plus particulièrement du côté de Saint-Pierre, il n’est pas exclu de penser que certains, côté majorité municipale, commencent à se poser de sérieuses questions.
Il est vrai aussi qu’à se faire élire sur la démagogie, on en paye tôt ou tard les pots cassés. Et tous les chantages, pressions, déplacements d’employés communaux, brimades ou même promesses d’embauche avec la moitié du contrat avant le scrutin et l’autre moitié... déchirée après n’y changent rien.
Et puisqu’il est établi maintenant que le vote d’Élie Hoarau n’est pas une rumeur, il est en une qui circule dans les couloirs de la mairie : "Fontaine i pèrd’ lèr". D’ici que la rumeur devienne une véritable information...


Réaction du M.R.C.

"Une nouvelle grande victoire pour l’Alliance"

Au nom du Mouvement républicain et citoyen de La Réunion (MRC), Pascal Basse a publié hier soir le commentaire suivant au sujet des élections européennes : "La reconfiguration des circonscriptions électorales opérée par l’UMP avait pour objectif d’éliminer les partis régionaux et les petits partis nationaux.
En Outre-Mer, le piège n’a pas fonctionné. L’Alliance, rassemblement de partis régionaux et nationaux (dont le MRC), remporte une nouvelle grande victoire.
Les volontés hégémoniques du PS et de l’UMP ont pris une grande claque ce soir.
Le MRC félicite les électeurs de l’Outre-Mer et de La Réunion pour la leçon de démocratie qu’ils ont donné aujourd’hui".


Victoire de la gauche en France

La gauche arrive en tête aux élections européennes, avec 42 à 42,9% des voix, contre 37,9 à 38,3% des voix à la droite, mais le scrutin est marqué par un taux d’abstention record, estimé à 57,5%, indiquent les projections des instituts de sondage TNS-Sofres et CSA.
En détail, le Parti socialiste est arrivé largement en tête dimanche des élections européennes, avec 30,1% des voix, devant l’UMP (17,6%), selon les estimations de l’institut CSA pour France-3 et Radio France.

- PS : 30,1%

- UMP : 17,6%

- UDF : 11,6%

- Front national : 9,8%

- Mouvement pour la France : 7,2%

- PCF : 5,8%

- Verts : 6,3%

- Lutte ouvrière-Ligue communiste révolutionnaire : 2,6%

- Rassemblement pour la France : 1,4%


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