Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Ollanta Humala, un amérindien élu président de la République
8 juin 2011

Au Pérou, le peuple a élu un président issu des forces du changement. Aussitôt, les partisans de son adversaire ont agité le spectre de la faillite économique. Le nouveau président, Ollanta Humala, affirme qu’il prend Lula comme modèle de gouvernance.
La candidate conservatrice à l’élection présidentielle péruvienne, Keiko Fujimori, a reconnu publiquement lundi sa défaite au second tour, disputé dimanche, face au nationaliste de gauche Ollanta Humala.
Selon les derniers résultats communiqués, portant sur 89% des bulletins de vote, Humala, âgé de 48 ans, est crédité d’une avance de 2,7 points sur la fille de l’ancien président Alberto Fujimori, âgée de 35 ans.
Les "marchés" financiers ont mal réagi à cette issue, redoutant que son élection ne porte un coup d’arrêt de la croissance économique du pays. La Bourse du Pérou a dévissé de plus de 12,5%, soit sa plus forte chute sur une séance, et les cotations ont dû être suspendues jusqu’à mardi.
Quant à la monnaie nationale, le sol, elle a reculé de 1,24%, ce qui a conduit la Banque centrale à proposer la vente de 215 millions de dollars en certificats de dépôt afin d’enrayer le recul de la devise péruvienne.
L’ancien officier nationaliste Humala s’efforce pourtant d’adopter un style conciliant et acceptable par les milieux financiers.
Il a promis de maintenir un budget en équilibre, d’inclure dans le gouvernement des technocrates expérimentés et de respecter les investisseurs étrangers qui prévoient d’injecter 40 milliards de dollars dans des projets miniers et pétroliers au cours de la prochaine décennie.
« Nous voulons instaurer un gouvernement d’unité nationale », a-t-il lancé devant plusieurs milliers de ses partisans lors d’un rassemblement dans le centre de Lima qui s’est prolongé jusqu’aux premières heures de la journée de lundi. « Nous voulons la croissance économique avec un volet social. Nous pouvons construire un Pérou plus juste pour tous », a-t-il ajouté.
Lula comme modèle
Ses propos ont provoqué une explosion de joie parmi ses partisans, qui ont agité drapeaux péruviens et banderoles aux couleurs de l’arc-en-ciel, celles de la cause indigène.
Keiko Fujimori, fille de l’ancien président Alberto Fujimori, condamné à 25 ans de prison pour corruption et recours à la violence contre les militants de gauche, était la favorite des milieux d’affaires.
Humala avait tenté de déposer le père de sa rivale il y a près de onze ans et a modéré son discours depuis sa courte défaite lors du scrutin de 2006.
« C’est la fin de la droite traditionnelle et des hommes d’affaires tout puissants », juge l’universitaire Cesar Lecca qui estime que Humala a affiné son discours politique.
Le candidat de la gauche a également promis d’accorder aux pauvres une plus large part de la richesse nationale et de mettre fin aux conflits sociaux récurrents.
Les milieux d’affaires craignent, pour leur part, que le futur chef de l’État ne soit tenté par une politique interventionniste et un accroissement des dépenses sociales.
Ollanta Humala promet qu’il n’accomplira qu’un seul mandat et a fait de nombreux efforts pour apparaître comme un modéré, à l’image du Brésilien Luis Inacio Lula da Silva.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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