Monde

Le dialogue, une des clés de tout

"Alon filozofé" ... !*

Roger Orlu / 31 août 2007

Qu’est-ce que la philosophie ? À quoi sert-il de philosopher ? Ces questions agitent les philosophes et leurs concitoyens depuis plus de 25 siècles et cela va encore continuer longtemps car il y a autant de réponses à ces questions qu’il y a de gens qui s’intéressent à la philosophie. Mais si l’on analyse les écrits, discours et pratiques philosophiques, on constate que leurs objectifs essentiels sont de trois types :
1) - réfléchir et débattre sur le sens de concepts et sur des idées, comme par exemple : qu’est-ce que la liberté, la vérité, le bonheur...? Ou bien : la raison est-elle la chose la mieux partagée du monde ? Peut-on prouver l’existence de Dieu ?
2) - apprendre à méditer pour mieux se connaître soi-même, pour mieux supporter ses difficultés personnelles de l’existence et pour être heureux, tout seul ou avec d’autres.
3) - analyser une situation sociale concrète et étudier, seul ou avec d’autres, comment la transformer pour favoriser le plein épanouissement humain de chaque personne sur la Terre.

Dans ces trois domaines, il semble qu’une des clés de tout soit le dialogue :

- pour trouver les solutions les plus justes aux grandes questions théoriques ou métaphysiques, les échanges ne sont-ils pas fructueux ?

- pour résoudre nos problèmes personnels, n’est-il pas utile d’en parler avec d’autres ?

- pour dépasser les contradictions de la réalité quotidienne et mondiale, pour transformer notre vie et le monde, n’est-il pas plus efficace de chercher à le faire avec d’autres que chacun dans son coin ?

Les problèmes de la société ont au moins un point commun avec ceux de la vie en couple : la meilleure façon de les résoudre, c’est que les parties concernées dialoguent à ce sujet. Si un véritable dialogue s’instaure entre elles, il est sûr et certain qu’elles finiront par trouver une solution.
Mais il ne faut pas oublier que dialoguer, c’est se parler mais c’est aussi et avant tout écouter l’autre.
Il est vrai également que débattre ne suffit pas ; il faut encore et surtout que ce dialogue aboutisse sur un accord, sur une décision partagée, et que celle-ci soit effectivement appliquée.

L’autre problème, c’est que pour arriver tout simplement à dialoguer, il faut souvent se battre afin d’obliger l’autre à vous écouter. Sur le plan social, ne faisons pas preuve d’angélisme : on doit lutter pour créer les conditions d’un dialogue par un rapport de forces mettant en échec l’inégalité imposée par le dominant.
La “transformation du monde”, selon l’expression de Karl Marx, passe donc par la lutte pour instaurer un dialogue constructif. Pas étonnant, dans ces conditions, que la philosophie soit à la fois un combat et un dialogue.

Roger Orlu

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