SPECIAL NOUVEAU TRAITÉ EUROPÉEN - NOUS VOULONS UN REFERENDUM

Le droit de chacun à décider de son avenir

7 janvier 2008

Échaudés par le retentissant échec politique du traité constitutionnel, les stratèges de l’Europe du libre-échange sont devenus depuis des professionnels du camouflage. Cette pratique intensive de l’art de la dissimulation ne peut cacher la réalité : le mini-traité ne sera jamais que la poursuite d’une même politique par les mêmes moyens. Sarkozy joue à Paris le matamore sur la BCE, mais il devient à Bruxelles doux comme un agneau, son ambition se limitant à dissimuler, en annexe du mini-traité, la « concurrence libre et non faussée ».
La pitoyable comédie du mini-traité masque l’essentiel : l’eurolibéralisme, c’est-à-dire le projet politique porté par les traités de Maastricht, d’Amsterdam, de Nice, et la stratégie de Lisbonne, est en crise aiguë. Car il est le projet d’un monde qui est en train de disparaître, celui de l’immédiat après-guerre froide marqué par la “domination absolue” des États-Unis, celui de la “fin de l’histoire”, celui du triomphe de la gouvernance sur la politique.
C’est pourquoi, en cette année du cinquantenaire du Traité de Rome, il est plus que temps de rendre populaire le débat sur les fondements et l’avenir de l’Union européenne. En effet, l’ensemble des citoyens des nations européennes peuvent légitimement sur ce que leur apporte l’actuelle Union européenne. Mal protégés par leur État nation des ravages de la globalisation financière, ils sont confrontés à une Union européenne qui n’a de cesse de casser leurs protections sociales et de démanteler leurs services publics.
Dans cette Europe, ce ne sont pas les entreprises qui sont mises en concurrence au bénéfice des consommateurs, mais les peuples et leurs choix démocratiques souverains en matière sociale et fiscale. La libre circulation des marchandises et des capitaux devient insupportable lorsqu’elle s’exerce entre des territoires régis par des contrats sociaux différents. Le moteur de la construction européenne ne peut et ne doit plus carburer aux inégalités et à l’insécurité sociale généralisée. C’est facteur de replis identitaires et de très dangereuses crispations communautaristes, religieuses, régionalistes ou nationalistes.
Face aux défis énergétiques, sociaux et démographiques de ce début de siècle, face aux enjeux de la révolution informationnelle, nous avons plus que jamais besoin d’Europe. Mais d’une Europe qui s’organise autour du juste échange et de la coopération. Les peuples d’Europe ont besoin d’un véritable projet européen fondateur qui unifie ce continent autour d’objectifs de paix, de bien-être, de sécurité sociale et de libre développement de tous.
Un tel traité ne peut pas être l’oeuvre d’une obscure “conférence”. Il ne pourra être écrit que dans le cadre d’un processus démocratique où les peuples d’Europe seront les acteurs centraux.


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Témoignages - 82e année


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