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4 juin, parNos peines
Culture
L’Étalon d’or de Yenenga à "Heremakono"
5 mars 2003

La 18ème édition du FESPACO s’est achevée le samedi 1er mars par la remise de l’Etalon de Yenenga à ’Heremakono’, du Mauritanien Abderrahmane Sissako. Bilan d’une semaine riche en surprises cinématographiques, qui a, entre autres, permis de mettre l’accent sur la vitalité du documentaire africain.
C’est dans le stade municipal de Ouagadougou qu’a eu lieu la cérémonie de clôture du FESPACO. Le président du jury Idrissa Ouedraogo a décerné l’Etalon d’or de Yenenga à "Heremakono", du Mauritanien Abderrahmane Sissako.
Que retiendra-t-on de cette 18ème édition ? D’abord que, malgré de multiples problèmes de taille (budget amputé d’un tiers, guerre civile ivoirienne), le FESPACO reste égal à sa réputation : celle d’un grand festival populaire, qui attire dans les salles une bonne partie du public burkinabè, ravi de découvrir, l’espace d’une semaine, l’essentiel de la production cinématographique africaine, diaspora incluse.
Dans quel autre festival au monde verrait-on le président du jury, en l’espèce Idrissa Ouedraogo, jouer des coudes pour pouvoir assister à la projection d’un film en compétition ("Nha Fala"), ou une véritable émeute dans le cinéma Neerwaya, pris d’assaut par la foule pour la projection de "Moi et mon Blanc", du Burkinabè Pierre Yameogo ?
C’est du documentaire que sont venues les plus heureuses surprises du festival. Qu’il s’agisse de "Tanger, le rêve des brûleurs" de la Franco-marocaine Leila Kilani (sur les candidats au départ clandestin, ces Marocains, Maliens, Ivoiriens, Ghanéens qui, depuis Tanger, cherchent à rejoindre la côte espagnole), de "Ex-child soldiers" de l’Ethiopienne Aranka Kellerman (sur les enfants-soldats en Ouganda), du "Mariage d’Alex" de Jean-Marie Téno (portrait du mariage d’un polygame), de "Nous sommes nombreuses" du Sénégalais Moussa Touré (des témoignages de femmes violées pendant la guerre du Congo) ou de "Vivre positivement", où la Burkinabè Fanta Regina Nacro a longuement interrogé des séropositifs sur leur désir (d’amour, d’enfants... ), bref sur tout ce qui, en dépit de la maladie, les relie à la vie, et accessoirement au bonheur : nombre de documentaires, en compétition ou non, faisaient preuve d’une force et d’une qualité remarquable.
Il faut saluer cette vitalité, et la prendre pour ce qu’elle est : un signe d’espoir pour l’ensemble de la cinématographie africaine. Comme l’a très justement souligné le producteur français Jacques Bidou lors d’une conférence consacrée à la production documentaire en Afrique, « Là où il y a des grandes écoles documentaires, on assiste toujours à un ressourcement de la fiction ».
Nos peines
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