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Athlétisme
• Un athlète ivoirien dépassé par l’évolution technologique
29 août 2003

Jean Ulrich Kouassi est membre de l’équipe ivoirienne du relais 400 x 100 m. Comme beaucoup d’athlètes africains qui s’entraînent encore au pays et côtoient pour la première fois le haut niveau, il a mesuré la différence qui sépare le monde professionnel de l’athlétisme de celui des amateurs.
Debout devant la grille qui entoure le village des athlètes, il livre ses premières impressions. « Je ne peux pas m’étendre sur tout ce que j’ai vu et qui m’a laissé l’impression que je ne faisais pas l’athlétisme. Par exemple, je suis entré dans une salle de musculation du village des athlètes, il y a des appareils que je n’avais jamais vus, même à la télé », a-t-il affirmé.
« Quand j’échange avec d’autres athlètes, notamment ceux qui s’entraînent en Occident, j’ai honte de leur dire que parfois, quand j’ai un peu d’argent, je suis partagé entre payer le transport pour aller m’entraîner et ne rien avoir à manger à mon retour, ou alors, manger et ne pas aller m’entraîner », poursuit-il. Des impressions que confirme un membre de l’encadrement qui suit l’entretien.
« Je suis dans l’athlétisme depuis plus de 20 ans. Depuis que nous sommes arrivés ici, j’ai honte quand mes athlètes me demandent les noms de certains appareils que je ne connais pas ou de certains exercices qu’ils voient les autres faire. Du coup, je me dis que je vais perdre de mon autorité une fois rentré, car ils se diront que je suis aussi déphasé qu’eux et que je n’ai rien à leur apporter », déplore-t-il.
« Nous travaillons dans des fédérations pauvres et sans grands soutiens. Toute l’attention va au football. Regardez, les écoles de foot se multiplient partout, alors que pour l’athlétisme, même le ministère nous considère comme des mendiants ». « Nous devions être à Paris depuis le 10 août pour affiner notre préparation, mais pour des problèmes d’argent à débloquer, nous sommes restés au pays et ne sommes arrivés que deux jours avant le début des championnats. Nos malheurs ne se sont pas arrêtés là. Comme nous n’avons pas d’équipementier, nous avons passé le temps à chercher des boutiques où nous pouvions trouver des pointes bon marché, ainsi que des maillots », a-t-il ajouté. « Malgré le potentiel et la volonté des jeunes, quelles types de performances pouvez-vous leur demander », s’interroge-t-il.
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