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Afflux de migrants à cause de la guerre en Syrie
7 janvier 2015, par

Débordé par l’afflux de migrants syriens, les autorités libanaises ont décidé d’imposer aux Syriens souhaitant se rendre au Liban un visa. Le pays est dépassé par l’arrivée de Syriens, fuyant les combats, ces derniers d’ailleurs seraient plus d’un million.
Il s’agit là d’une première dans l’histoire des deux pays. Auparavant, les Syriens devaient seulement présenter leur carte d’identité pour entrer au Liban, désormais ils devront préciser le motif de leur séjour pour se voir accorder, sous conditions, six types de visas : touriste, affaires, étudiant, transit, médical ou courte durée.
Cette mesure va compliquer la vie des exilés, tentant d’échapper leur pays en guerre. En effet, ces visas imposent pour certains des conditions spécifiques tels qu’une réservation d’hôtel et 1.000 dollars pour un visa de touriste, ou une invitation émanant d’une entreprise libanaise pour un visa d’affaires.
Pour Khalil Jebara, conseiller du ministre de l’intérieur du Liban, cité par le quotidien Le Monde, « nous respectons nos obligations internationales, nous n’expulserons personne et il y a aura des exceptions humanitaires ». Cependant, « il est grand temps de réguler l’entrée des Syriens », en raison du « lourd fardeau sécuritaire, économique et social », ainsi que la “pression” exercée et « que les infrastructures ne peuvent plus supporter ».
Mohammed a expliqué à Euronews : « J’ai le statut de réfugié accordé par les Nations Unies. Mais j’ai un fils qui ne peut pas traverser la frontière. Comme je suis son père, je peux me rendre au Liban et m’occuper de ses papiers, mais j’ai peur qu’ils ne me laissent pas revenir ».
Pour d’autre, la situation est compliquée d’autant qu’elle est peu expliquée aux Syriens : « Je n’ai pas tout compris, dit-elle. Je crois que son visa sera valable trois mois. Vous savez, tout ce qu’on veut, c’est la fin du conflit en Syrie pour qu’on puisse ensuite rentrer chez nous », a expliqué une jeune femme appelée Um, venue chercher sa mère à la frontière.
Depuis mars 2011, la Syrie est en pleine guerre civile, obligeant près d’1,3 million de Syriens à quitter leur pays. Cette crise a un impact sur le Liban qui fait face à des effets économiques, démographiques, sécuritaire et une instabilité politique croissante. Face à l’afflux, le gouvernement a mis en place une cellule de crise interministérielle, pour trouver des solutions rapides à ce phénomène migratoire.
Dans un rapport publié en juillet 2014, les Nations Unies ont estimés à 53 % le nombre d’enfants parmi les réfugiés. « Nous ne sommes plus capables d’assumer ce fardeau tous seuls (…). Nous avons dépassé les limites », a déclaré le ministre libanais des Affaires sociales, Rachid Derbés. Gareth Richards, directeur de l’ONG CARE* au Liban, a indiqué au quotidien L’Express, que de nombreux réfugiés sont installés dans des conditions précaires, « dans des garages, des bâtiments abandonnés, toutes sortes d’abris de fortune, souvent sans chauffage », parce que le gouvernement libanais ne souhaitait pas pérenniser leur installation.
L’imposition des visas, ajoutée à la réduction du montant du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies, aggrave les conditions de vie des réfugiés syriens au Liban. Une situation de plus en plus critique, car ces derniers ne peuvent pas retourner dans leur pays, en pleine guerre civile depuis quatre ans.
Sans perspective de sortie de la guerre en Syrie, la possibilité d’un retour semble incertain, bien que « c’est la première chose qu’ils évoquent quand on leur demande quel est leur souhait le plus cher », a indiqué Gareth Richards.
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