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Alon filozofé ... ! Billet philosophique
23 mars 2007, par

Dans un entretien avec “l’Humanité Dimanche”, le chanteur français Michel Fugain se dit « consterné » par la campagne pour l’élection du président de la République, qu’il compare à une « Star Ac de la politique ». (1) « Cette élection présidentielle, c’est “Tapez 1, 2, 3” », ajoute-t-il, en plaidant pour « une alternative » à ce « libéralisme qui est devenu terrible ».
Pour l’artiste, « on est en plein Moyen-Âge, en pleine féodalité, qui fait qu’un millier de personnes tiennent l’économie de la planète ». Ce système génère et développe une précarité généralisée, dont sont victimes les travailleurs, les exclus, les opprimés, dont Michel Fugain se fait l’écho dans son disque “Bravo et merci”, en particulier dans sa chanson “le Chiffon rouge”.
Interrogé dans le même journal sur la construction d’une « République sociale », le philosophe et sociologue Edgar Morin propose également une alternative au système dominant actuel et une perspective politique nouvelle. Selon lui, pour combattre le « précariat » de nos sociétés, il faut d’abord prendre en compte son contexte planétaire.
En effet, « l’humanité est emportée dans une course incertaine, qui comporte des risques croissants : les risques de prolifération nucléaire, les risques liés à la dégradation de la biosphère, ceux liés au libéralisme économique sans frein, les risques enfin d’un conflit civilisationnel d’un type nouveau. Aujourd’hui, c’est donc l’avenir même de l’humanité qui est devenu précaire », affirme Edgar Morin. À cela s’ajoutent la précarité européenne et la précarité française, dit-il.
Pour lui, les réponses politiques à la précarisation de nos sociétés doivent donc s’inscrire dans ce triple cadre : mondial, européen et français. Concernant la République française, Edgar Morin estime que si une valeur de sa devise doit être privilégiée, c’est celle de la “Fraternité”. Et il rappelle que déjà en 1988 il avait suggéré d’instituer dans chaque ville de France voire dans chaque quartier une “Maison de la fraternité”.
Le plus important, affirme le philosophe, c’est de développer “le mieux” plutôt que “le plus”. Ce mieux, c’est la qualité de la vie, la qualité du vivre ensemble, du lien social, plutôt que le consommer et posséder toujours plus. Pour lui, « nous sommes dans une civilisation qui a privilégié l’extérieur, le matériel et le quantitatif ». Or « cette civilisation n’apporte pas le bien-être profond auquel aspirent les personnes, elle n’apporte qu’un bien-être matériel et très inégalement réparti ».
D’où la conclusion d’Edgar Morin : pour construire « un monde meilleur, nous devons opérer un changement de mentalité et régénérer en profondeur la politique ».
Roger Orlu
(1) “L’Humanité Dimanche” du jeudi 15 mars 2007.
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Messages
23 mars 2007, 07:02, par nicolas de l’ouest
Avoir mieux, c’est toujours un plus !
Si mieux signifie un meilleur cadre de vie donc une amélioration par rapport à une situation pré existante, c’est donc qu’une fois le mieux installé, on constate un "plus" par rapport à cette situation d’avant ..
N’est pas philosophe qui veut !
aujourd’hui, la politique a besoin de pragmatisme, on voit bien la situation dans laquelle la philosophie politique de l’après guerre a conduit la France et la Réunion.