APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Un effet de la PAC dans le Sud de l’Espagne :
28 août 2008

L’Andalousie, région du Sud de l’Espagne, s’étend sur 87.268 Km2 (17% de l’Espagne) et a une population d’environ 6,5 millions d’habitants (18% de l’Espagne). Les terres andalouses sont parmi les plus riches d’Espagne, mais sont concentrées dans les mains des grands propriétaires terriens ou latifundistas : 4% des familles possèdent 66,5% des terres fertiles. Les ouvriers agricoles, sans terre, constituent 60% de la population active en agriculture.
Les processus de "modernisation" de l’agriculture réduisent continuellement l’emploi d’ouvriers agricoles. De 1960 à 1973, la première mécanisation a produit 2,5 millions de migrants (1,3 en Espagne, 1,2 dans les pays européens).
Une deuxième vague de modernisation - par l’introduction de machines pour récolter le coton, les olives, les betteraves à sucre et la substitution d’oliviers et vignobles par des cultures de céréales et tournesol - réduit encore l’emploi de journaliers ; mais cette fois, ni en Espagne, ni en Europe, l’industrie ne nécessite de main d’oeuvre. Les ouvriers agricoles andalous deviennent nomades : récolte d’asperges en hiver, légumes au printemps dans le nord de l’Espagne, pendant l’été le coton au sud, en France, et en Suisse en automne pour le raisin.
Une troisième vague se produit ces derniers temps à la suite de l’entrée de l’Espagne dans l’Europe et de la politique de quotas dans les productions agricoles ; pour les ouvriers agricoles et le petit paysan, c’est la misère.
Le SOC - Sindicato de Obreros del Campo - qui a ses racines dans les groupes clandestins des Commissions des salariés agricoles, fut légalisé en 1976. Depuis 1978 il a organisé les luttes pour la Réforme Agraire et pour le droit au travail et à la terre. Il est sûrement le syndicat le plus représentatif des journaliers agricoles, mais il est aussi le mouvement politique qui s’occupe des problèmes des hommes qui vivent de la terre et dans les campagnes d’Andalousie. Son programme est résumé par ses mots d’ordre : travail, terre, liberté.
Au-delà de l’organisation des luttes défensives de la condition des journaliers (prix de la journée de travail, équité de la distribution de l’embauche, subsides au chômage) et de la lutte pour la Réforme Agraire (réduction de la grande propriété et accès à la terre), le S.O.C. se pose le problème du futur de l’agriculture en Andalousie, mais aussi dans tout le monde occidental. Pour cela il lutte contre les migrations et le nomadisme des ouvriers agricoles, qui risque de cacher le problème.
Le S.O.C. propose un syndicalisme agricole qui affronte de façon “intégrée” la crise économique et la crise écologique, qui se batte pour un nouveau modèle de développement, en affrontant les problèmes de productivité, de la défense et conservation du patrimoine naturel, de la qualité des produits et du revenu des travailleurs.
Dans cette perspective, le S.O.C pousse ses membres (surtout les jeunes) à développer un mouvement coopératif qui ne soit pas seulement une modalité d’accès à la terre, mais aussi l’expérimentation d’un nouveau rapport entre l’homme et la terre, entre l’homme et la nature, entre la production et le marché, entre les hommes qui vivent sur la terre et de la terre, entre l’homme de la ville et celui de la campagne.
La conscience de la dimension de la tâche et, en même temps, la conscience d’être encore une minorité même au sein du mouvement syndical et progressiste, les a amenés à deux positions intéressantes : réaliser des actions positives qui contiennent des germes du "futur" souhaité (exemple les coopératives “Tierra y Libertad”) ; rechercher des alliances et collaborations très larges (aussi bien idéologique que géographique) pour éviter l’isolement ; mais surtout pour mener la recherche-action en utilisant la richesse des expériences des autres. Pour cela ils entretiennent des rapports étroits avec les écologistes au niveau européen, avec des ONGs de développement (ex.CRIC), ils sont membres de réseaux européens comme le R.E.A.S. et, en Espagne, ils participent activement au C.A.S. (Colectivos de Acción Solidaria).
http://www.soc-andalucia.com/
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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