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Bolivie
Le chef de l’État déchu se réfugie aux États-Unis
21 octobre 2003

Les Boliviens se sont réveillés ce samedi matin avec un nouveau président. Après un mois de grèves et de manifestations durement réprimées, tout est allé très vite dans la nuit de vendredi. Lâché successivement par l’armée, par ses soutiens politiques et sous la pression de la rue, le président Gonzalo Sanchez de Lozada a finalement jeté l’éponge.
Le Congrès, réuni vendredi soir en session extraordinaire, a accepté la démission de Gonzalo Sanchez de Lozada, et dans la foulée, a désigné l’actuel vice-président Carlos Mesa, intellectuel respecté de 50 ans, pour prendre la tête du pays. Avant même que la nouvelle ait été annoncée officiellement, on assistait dans les rues de la Paz à des scènes de liesse. De son côté, dans la plus grande discrétion, Gonzalo Sanchez de Lozada choisissait de quitter le pays pour les États-Unis.
Le numéro deux du gouvernement, Carlos Mesa avait retiré son soutien à Gonzalo Sanchez de Lozada dès le début de la semaine dernière pour protester contre la répression à l’arme lourde des manifestations à La Paz et El Alto. Après avoir rendu hommage aux personnes tuées lors de ces manifestations par les forces de police, Carlos Mesa a annoncé un référendum sur la politique gazière du pays, effet déclencheur de la crise, et la convocation d’« une assemblée constituante pour la refonte de la Bolivie ».
Le nouveau président assure ne pas vouloir aller au terme de son mandat qui court jusqu’en 2007. Il s’est engagé à simplement gérer « un gouvernement de transition », et a proposé de convoquer des élections anticipées, ce que réclamaient les chefs de file indiens des manifestations ayant précipité le départ de son prédécesseur. « La Bolivie n’est toujours pas un pays égalitaire. Nous devons comprendre nos peuples, nos Quechuas et Aymaras », a déclaré le nouveau chef de l’État immédiatement après son investiture.
Le député indien et dirigeant du Mouvement pour le socialisme (MAS), Evo Morales, l’un des leaders de la contestation a déclaré qu’il offrirait un répit au nouveau président bolivien Carlos Mesa pour que ce dernier puisse recueillir auprès des syndicats leurs revendications. De son côté, le dirigeant de la Centrale ouvrière bolivienne (COB) est resté très prudent. Jaime Solares a appelé les manifestants à ne pas baisser la garde et être prêts à donner leur avis sur le nouveau chef d’État lors d’une « assemblée du peuple ».
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