Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Emigration massive à cause de la politique d’extrême droite de Trump
6 mars, par

Deux siècles et demi après sa naissance, les États-Unis traversent un moment inédit de leur histoire. Alors que le pays célèbre son 250e anniversaire, un paradoxe s’installe : pour la première fois depuis 1935, ce pays enregistre un solde migratoire négatif. Autrement dit, davantage de personnes quittent le territoire qu’il n’en arrive. Seuke exception : les millionnaires convaincus que l’extrême droite est le parti qui défend le mieux leurs intérêts
Selon les estimations de la Brookings Institution, environ 150.000 habitants auraient quitté le pays en 2025. Dans le même temps, l’immigration a nettement reculé, tombant entre 2,6 et 2,7 millions d’entrées, loin des presque 6 millions enregistrés en 2023. L’administration de Donald Trump met en avant une politique migratoire très ferme, revendiquant 675.000 expulsions et plus de 2 millions de départs volontaires. Mais derrière ces chiffres se dessine une autre réalité : les Américains eux-mêmes prennent le chemin de l’exil et deviennent des migrants.
Faute de statistiques globales précises, les chercheurs s’appuient sur les permis de résidence, les inscriptions universitaires et les acquisitions immobilières à l’étranger. En croisant ces données, plusieurs estimations indiquent qu’entre 4 et 9 millions de citoyens américains vivraient désormais hors du territoire US. Rien qu’en 2025, au moins 180.000 personnes se seraient installées dans une quinzaine de pays ayant publié des données partielles.
Le phénomène touche désormais des profils très variés. Longtemps, les expatriés américains étaient surtout des cadres très qualifiés ou des aventuriers attirés par l’international. Aujourd’hui, les départs concernent aussi des familles, des étudiants ou des retraités. Beaucoup évoquent un sentiment d’usure face au modèle américain et recherchent ailleurs une existence jugée plus stable.
L’Europe apparaît comme l’une des principales destinations. Le Portugal, l’Irlande ou le Royaume-Uni enregistrent une forte hausse des arrivées d’Américains. La France attire elle aussi de plus en plus de résidents venus des USA, séduits par un un système de santé plus accessible et moins cher.
Les motivations de ces départs sont multiples. Le coût des soins médicaux, la hausse des prix de l’immobilier ou encore l’insécurité dans les écoles sont régulièrement cités. À cela s’ajoutent la polarisation politique et un climat social jugé de plus en plus tendu. Pour certains expatriés, le calcul est simple : si les salaires restent souvent plus élevés aux États-Unis, la qualité de vie leur paraît meilleure ailleurs.
A l’inverse, plus de 18.000 millionnaires ont quitté l’Europe l’an dernier pour payer moins d’impôts, tandis que les États-Unis ont accueilli environ 7.500 migrants de luxe.
Cette aspiration à partir est particulièrement forte chez les jeunes adultes et les femmes. Plusieurs enquêtes d’opinion montrent qu’une proportion croissante d’Américains se verrait vivre à l’étranger si l’occasion se présentait. Les universités européennes accueillent d’ailleurs un nombre record d’étudiants venus des États-Unis, signe que la mobilité internationale devient une option de plus en plus normale.
Ce mouvement révèle une transformation symbolique. Pendant des générations, le « rêve américain » consistait à venir vivre aux États-Unis pour y construire une vie meilleure. Aujourd’hui, pour une partie de la population, ce rêve semble prendre une direction inverse : celle de chercher ailleurs l’équilibre que l’Amérique promettait autrefois.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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