Monde

Le plus grand parti politique au monde s’affirme

Point de vue

Ary Yée Chong Tchi Kan / 26 octobre 2017

On parlera longtemps du 19e Congrès du Parti Communiste Chinois et de l’entrée dans l’histoire de XI Jinping, incarnation d’une certaine vision de l’avenir, gravée dans le marbre des statuts comme guide suprême. Les 89 millions d’adhérents au parti ont juste le temps d’étudier cette ligne pour impulser le mouvement.

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Le Palais du peuple, siège des travaux du 19e Congrès du PCC.

Au lendemain de la clôture du Congrès et après sa réélection, le Secrétaire Général du Comité Central a exposé son programme pour les 5 prochaines années présenté l’équipe rapprochée de 6 membres qui l’accompagnera dans un challenge, comme un défi personnel à relever. “Je considère cela non seulement comme une reconnaissance de mon travail, mais aussi comme un encouragement qui me poussera à continuer”.

Une telle force de conviction repose sur l’analyse de la situation globale et sur l’évaluation les avancées stratégiques, contenues dans la résolution finale. En résumé, à partir de leur expérience spécifique, “le socialisme à la chinoise est entrée dans une ère nouvelle”. A cette étape, tout est remis dans une perspective historique, en se référant à “la contradiction principale”. Publié intégralement en 10 langues étrangères, le message se veut être un partage communautaire, universel, mais en réalité, le PCC poursuit sa lutte pour la clarification idéologique, illustrée par son expérience du développement.

A la veille du Congrès, Xi Jinping avait exhorté les communistes a “bien comprendre le marxisme et le capitalisme”, à l’ère contemporaine. Du reste la “sinisation du marxisme” a pris beaucoup d’importance en cette année du centenaire de la révolution bolchévique et de la première expérience d’un Etat à direction communiste. En mai 2018, un congrès académique réunira des centaines de chercheurs sur le thème : “le marxisme, le monde d’aujourd’hui et la Chine”. En filigrane, il s’agit d’explorer la solution chinoise dans la modernisation des pays en voie de développement. Le fond est sans concession : l’expérience chinoise repose sur la primauté du Parti Communiste qui se doit de rendre des comptes au peuple souverain. Un dirigeant de l’Etat ou un chef militaire doit disposer beaucoup plus que des aptitudes au commandement.

Il est clair que Xi Jinping et les siens ont questionné le vide idéologique et l’absence de perspectives engendrées par la crise du capitalisme financier des subprimes, en 2008. L’Occident, jadis impérial, ne pouvait que contempler le désastre de leur politique devant les applaudissements nourris à Davos, en faveur du Président Xi Jinping qui, en passant, n’a pas oublié de remercier le Parti Communiste et le peuple chinois dans les conclusions de son discours, comme on le fait traditionnellement lors d’une victoire.

Cette dimension mondiale du PCC va s’affirmer davantage. Le Congrès a été couvert par plus de 3000 journalistes dont un tiers des étrangers et il a reçu des centaines de messages de félicitations. Dans son adresse, le PCR considère que l’échange de connaissance est nécessaire pour faire avancer la cause de l’humanité et traiter des problèmes concrets.

Ary Yée Chong Tchi Kan