Reconnaissance de l’esclavage, des actes attendus

Le roi des Pays-Bas présente ses excuses pour l’esclavage

3 juillet 2023, par temoignagesceline

Le roi Willem-Alexanderdes Pays-Bas prononce un discours lors de la Journée nationale du souvenir de l’esclavage à l’Oosterpark, à Amsterdam, le 1er juillet 2023, au cours duquel il s’est repenti vis-à-vis du passé colonial du pays.

Le roi des Pays-Bas Willem-Alexander a présenté le 1er juillet ses excuses officielles pour l’implication de son pays dans l’esclavage, déclarant qu’il se sentait « personnellement et extrêmement » affecté.

« Aujourd’hui, je me tiens devant vous en tant que roi et membre du gouvernement. Aujourd’hui, je vous présente mes excuses personnellement », a déclaré Willem-Alexander lors d’une journée marquant les 150 ans de l’affranchissement des esclaves dans les anciennes colonies.

Des milliers de descendants de personnes réduites en esclavage dans l’ancienne colonie sud-américaine du Suriname et dans les îles caribéennes d’Aruba, Bonaire et Curaçao assistaient à ces célébrations.

« Je ressens cela profondément dans mon cœur et dans mon âme », a déclaré le roi, ajoutant que « la traite des esclaves et l’esclavage sont reconnus comme crimes contre l’humanité ». « Les rois de la maison d’Orange (dont descend le monarque actuel, ndlr) n’ont rien fait pour l’empêcher. Aujourd’hui, je demande pardon pour cette inaction ».

Tous les ans à Amsterdam, des commémorations marquent la fin de l’esclavage dans les colonies. Cette célébration est appelée « Keti Koti », qui signifie « briser les chaînes » en sranantongo, l’une des langues du Suriname.

Le discours du roi prononcé le 1er juillet depuis l’Oosterpark d’Amsterdam a été retransmis en direct à la télévision nationale. Des descendants de personnes réduites en esclavage avaient demandé au roi de présenter des excuses officielles.

« C’est important afin de pouvoir digérer le passé esclavagiste », a déclaré en mai Linda Nooitmeer, présidente de l’Institut national pour le passé et l’héritage de l’esclavage (NiNsee), dans une interview accordée à la chaîne publique néerlandaise NOS.

Le gouvernement a présenté ses excuses l’an dernier

Ces commémorations sont les premières de ce type depuis la présentation en décembre 2022 par le gouvernement d’excuses officielles pour le passé esclavagiste des Pays-Bas. le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, avait alors déclaré : « Aujourd’hui, je présente des excuses au nom du gouvernement néerlandais pour les actions de l’État néerlandais dans le passé : à titre posthume à tous les esclaves du monde entier qui ont souffert de cet acte. À leurs filles et fils et à tous leurs descendants ».

Dans son discours de Noël, le roi des Pays-Bas avait ensuite salué les excuses présentées par le gouvernement pour le rôle de l’Etat néerlandais pendant 250 années d’esclavage, et déclaré que celles-ci étaient le « début d’un long chemin ».

Mark Rutte avait affirmé : « Nous ne pouvons que reconnaître et condamner l’esclavage dans les termes les plus clairs comme un crime contre l’humanité. » « Des personnes ont été transformées en marchandise. La dignité humaine a été foulée aux pieds, d’une manière horrible », a ajouté le Premier ministre, avant de dire « Je suis désolé » en anglais, en sranan (créole surinamien) et en papiamento (créole des Antilles néerlandaises).

Ces excuses ont été présenté alors que plusieurs de ses ministres étaient présents dans sept anciennes colonies, au Suriname et dans les Caraïbes, pour discuter de la question avec les habitants.

Les excuses ont été saluées comme un « tournant dans l’histoire du royaume » néerlandais. Mais désormais le gouvernement est attendu pour des actions concrètes. « Je ne remarque pas grand-chose à propos d’actions des Pays-Bas et c’est dommage », avait indiqué auprès de l’Agence France-Presse Iwan Wijngaarde, président de la Fédération des Afro-Surinamiens à Paramaribo.

Pour Armand Zunder, président de la Commission nationale de réparation du Suriname, « ce qui manquait complètement dans ce discours, c’est la responsabilité et l’imputabilité », tout en relevant que la reconnaissance y était claire.

Le gouvernement a annoncé un fonds de 200 millions d’euros destiné à des initiatives sociales. « Nous pensons qu’à terme il devrait y avoir un fonds qui se comptera en termes de milliards », a déclaré Armand Zunder.

Le « siècle d’or » néerlandais

Depuis l’émergence du mouvement Black Lives Matter aux États-Unis, les Pays-Bas se sont lancés dans un vaste débat sur son passé colonial qui en a fait l’un des pays les plus riches du monde.

Ces dernières années, les Pays-Bas ont commencé à regarder en face leur rôle dans l’esclavage. Les villes d’Amsterdam, Rotterdam, Utrecht et La Haye ont officiellement présenté leurs excuses.

Selon un rapport commandé par le ministère néerlandais de l’Intérieur et publié en juin, entre 1675 et 1770, les colonies ont rapporté à la famille royale l’équivalent de 545 millions d’euros.

Les lointains ancêtres du roi actuel, Guillaume III, Guillaume IV et Guillaume V d’Orange-Nassau ont fait partie des plus grands bénéficiaires d’une « implication délibérée, structurelle et durable » dans l’esclavage, selon le rapport.

L’esclavage a contribué à financer le « siècle d’or » néerlandais, période de prospérité grâce au commerce maritime aux XVIe et XVIIe siècles. Le pays a procédé à la traite d’environ 600.000 Africains, principalement vers l’Amérique du Sud et les Caraïbes.

À l’apogée de son empire colonial, les Provinces-Unies, connues aujourd’hui sous le nom de Pays-Bas, possédaient des colonies comme le Suriname, l’île caribéenne de Curaçao, l’Afrique du Sud et l’Indonésie, où la Compagnie néerlandaise des Indes orientales était basée au XVIIe siècle.

Si l’abolition officielle de l’esclavage dans les colonies néerlandaises remonte à 160 ans, son application réelle n’a que 150 ans. L’esclavage a formellement été aboli au Suriname et dans d’autres territoires détenus par les Néerlandais le 1er juillet 1863, mais n’a vraiment pris fin qu’en 1873 après une période de « transition » de dix ans.

Illustration : Monument du Musée national d’histoire de l’esclavage d’Amsterdam, sculpture d’Erwin de Vries.


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Messages

  • Les rois peuvent présenter leurs excuses pour la responsabilité de leurs ancêtres dans l’existence et le maintien de l’esclavage dans leurs pays pendant des siècles . Ces excuses peuvent être considérées comme un engagement de leur part de lutter contre le retour de l’esclave dans leurs pays ou contre toutes situations qui pourraient être assimilées à l’esclavage ,mais ces excuses ne peuvent pas être considérées comme la réparation d’une faute personnelle de leur ancêtres car l’esclavage était un statut social qui a existé dans toutes les sociétés humaines dans tous les pays du monde depuis que les hommes existent et vivent en communauté .
    Le pape Jean Paul 2 a demandé pardon en 1992 l’attitude de l’église catholique face à l’esclavage mais ni le christ ni les apôtres n’ont à leur époque condamné l’esclavage . Les chrétiens pouvaient posséder des esclaves en respectant les règles fixées par les autorités et pouvoirs publics pour la gestion de leurs esclaves, mais l’essentiel était qu’ils les traitent correctement et les aiment comme des humains et de l’autre coté les esclaves devaient respecter leurs maitres et bien les servir .
    Aujourd’hui l’esclavage est devenu un crime contre l’humanité , mais il y a des pays où l’esclavage existe encore officieusement si ce n’est officiellement notamment dans les pays où la religion ne condamnent pas l’esclavage même si la loi des hommes le condamne .
    En France l’esclavage a été aboli légalement par les révolutionnaires en 1794 puis rétabli par Napoléon en 1802 avant d’être aboli définitivement en 1848. Mais l’esclavage ne concernait en principe que les territoires d’outre mer ou de l’empire colonial , car en réalité l’esclavage a été interdit sur les terres françaises originelles depuis le moyen âge par le roi Louis le Hutin .
    C’est vrai que le servage était une situation proche de l’esclavage car les serfs vivaient sous la domination de leur seigneur , mais officiellement la France était une terre de liberté où ceux qui venaient y vivre étaient censés vivre librement avec cependant une interdiction d’installation pour les gens de race noire .

    Aujourd’hui les esclavagistes sont punis sévèrement par les tribunaux , mais la société se comporte souvent comme des esclavagistes sans être pour autant condamnée . Nous sommes tous censés être libres , mais le sommes nous vraiment quand il nous manquent l’essentiel pour vivre décemment ? Ceux qui vivent dans des bidonvilles, qui n’ont pas de quoi d’acheter à manger ou pour s’habiller correctement , ceux qui ne peuvent recevoir une instruction scolaire minimale et faire des études , ceux qui ne peuvent recevoir un minimum de soin quand ils sont malades, ceux qui sont condamnés à vivre perpétuellement au chômage et à percevoir des aides insuffisantes pour pouvoir survivre , ne sont ils pas réduits en esclavage et obligés de vivre indéfiniment comme des esclaves ?.
    De même ,ceux qui travaillent au delà de leurs capacités physiques et psychologiques dans des conditions extrêmement difficiles pour des salaires de misères , ceux qui sont obligés d’aller travailler au delà d’un certain âge alors qu’ils n’ont plus ni la force ni le courage de travailler et aspirent au repos etcet...ne sont ils pas eux aussi des esclaves qui ne peuvent maitriser leur destinées ??

    La condamnation de l’esclavage ne concerne pas que les individus qui maltraitent et ne respectent pas leurs semblables , mais elle concernent aussi les sociétés dans lesquelles nous vivons , nos quartiers , nos villages, nos collectivités locales régionales et nationales , nos entreprises privées ou publiques qui ne font pas toujours leurs devoirs pour lutter de leur mieux contre tout ce qui peut nous maintenir dans l’esclavage.
    Certes nos rois ou nos présidents de la Républiques peuvent se sentir un peu plus responsables que nous , mais nous nomme tous concernés et impliqués par notre situation d’esclave.

    Le meilleur des mondes n’est pas encore pour demain .Mais peut être que l’on pourra un jour y vivre lorsque nous aurons aboli complètement et définitivement l’esclavage de nos coeurs et de nos esprits .


Témoignages - 82e année


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