Monde

Le rythme de progression de la gouvernance en Afrique au ralenti depuis 2012

Selon le rapport Mo Ibrahim

Témoignages.re / 28 novembre 2017

La tendance de la gouvernance globale en Afrique demeure positive, mais le rythme connaît un ralentissement, souligne le rapport 2016 de la Fondation Mo Ibrahim transmis lundi à la PANA.

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« En moyenne, le continent africain a progressé en matière de gouvernance globale. Le bilan des 10 dernières années (2007-2016) montre que le score moyen du continent a augmenté de 1,4 point, passant de 49,4 (sur 100,0) à 50,8, atteignant en 2016 le score le plus élevé depuis 2000 », indique le rapport. Il note que si le score en matière de gouvernance globale a progressé à une cadence annuelle moyenne de 0,16 points au cours des 10 dernières années, le rythme de progression a ralenti entre 2012-2016, avec une cadence annuelle moyenne de 0,10 point.

En matière de bonne gouvernance, tous secteurs confondus, c’est l’île Maurice qui occupe la tête du classement devant les Seychelles (2e), le Botswana (3e), le Cap-Vert (4e) et la Namibie (5e). La Somalie occupe le bas de tableau, derrière, respectivement, le Soudan du Sud (53e), l’Erythrée (52e), et la République centrafricaine (51e). Les pays qui ont le statut de grande puissance africaine ne sont pas bien lotis dans ce classement, où seule l’Afrique du Sud se trouve dans le top 10, occupant la sixième place. Le Maroc se situe à 12e place, tandis que l’Algérie arrive 22e, la Côte d’Ivoire 20e, le Nigeria 35e et l’Angola 45e.

Progrès dans le développement humain

Selon le rapport, le ralentissement sur les cinq dernières années en matière de gouvernance globale en Afrique est reflété par des performances variables dans les catégories de gouvernance sous-jacentes. « Au cours de la dernière décennie, le progrès global a été largement attribuable à l’amélioration des performances dans trois des quatre catégories de gouvernance : développement humain (4,4), participation et droits humains (2,2) et développement économique durable (1,3)’, ajoute-t-il. Cependant, le continent a globalement enregistré un recul dans le domaine de la sécurité et de l’État de droit (-2,4), ce qui a empêché tout progrès supplémentaire en la matière.

« La deuxième moitié de la période (2012-2016) est caractérisée par des tendances disparates. Les catégories développement humain et développement économique durable sont toujours en progression, mais à un rythme plus lent. La catégorie participation et droits humains est la seule à afficher une légère accélération de sa progression », lit-on à la page 18 du rapport. « Inversement, la dégradation dans la catégorie sécurité et État de droit est toujours présente, mais montre des signes de ralentissement », ajoute le document de 180 pages.

Evaluer la gouvernance

Le rapport est publié par la Fondation Mo Ibrahim, qui définit la gouvernance comme « l’accès à des biens et à des services publics, dans les domaines politique, social et économique auxquels chaque citoyen peut légitimement prétendre auprès de son État et que tout État est tenu d’offrir à ses concitoyens ».

L’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) est un outil de mesure et de suivi des performances en matière de gouvernance dans les pays africains. Créé en 2007, l’objectif de l’IIAG consiste à proposer un outil quantifiable de mesure et de suivi des performances de la gouvernance dans les pays africains, afin d’évaluer les progrès en la matière au fil du temps et de soutenir l’élaboration de politiques efficaces et réactives.