La dette américaine s’alourdie

Le "shutdown" menace les Etats-Unis

28 septembre 2021

Le projet de loi prévoyant le relèvement du plafond de la dette des Etats-Unis et le financement des administrations fédérales pour éviter leur paralyse ("shutdown") n’a pas été adopté le 27 septembre par le Sénat.

Le Sénat des Etats-Unis est très divisé. D’un côté, les républicains ont obtenu suffisamment de voix pour empêcher la tenue du vote du texte. De l’autre, les démocrates du président américain Joe Biden, qui disposent d’une majorité étroite dans les deux chambres du Congrès, n’ont plus que trois jours pour éviter un "shutdown", alors que le financement actuel des services fédéraux prend fin ce 30 septembre ans la soirée.

Si le projet de loi n’est pas adoptée dans les plus brefs délais, l’économie américaine dans son ensemble pourrait être déstabilisée, alors qu’elle tente déjà de se relever de l’impact de la crise sanitaire du coronavirus.

Les républicains ont obtenu suffisamment de "non" lors d’un vote de procédure pour empêcher que le projet de loi soit formellement voté au Sénat. L’institution est composée de 100 sièges, il faut 60 voix pour adopter la plupart des textes.

Outre la perspective du gel des administrations fédérales, la question du relèvement du plafond de la dette est sur la table, avec le risque que le département américain du Trésor ait utilisé toute sa marge d’emprunt d’ici une date comprise entre le 15 octobre et le 4 novembre.

En effet, le plafond de la dette, que seul le Congrès a le droit de relever, est entré en vigueur le 1er août. Il interdit aux Etats-Unis d’émettre de nouveaux emprunts pour se financer si la limite actuelle de 28 400 milliards de dollars (25 560 milliards d’euros) n’est pas rehaussée.

Le chef de file de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a alerté des conséquences d’une paralysie sur l’économie américaine. Il a indiqué après le vote que les démocrates prendraient des mesures supplémentaires, sans préciser lesquelles, afin d’éviter un shutdown et un défaut de paiement de la dette.

De son côté, la secrétaire au Trésor des Etats-Unis, Janet Yellen a vigoureusement plaidé pour que le Congrès relève le plafond de la dette au risque de provoquer « une crise financière historique ».

Dans une tribune publiée dans le Wall Street Journal, Janet Yellen prévenait que « le défaut pourrait déclencher une flambée des taux d’intérêt, une chute brutale des cours des actions et d’autres troubles financiers ».

S’exprimant devant les sénateurs, Chuck Schumer a accusé les républicains de "rendre intentionnellement l’hypothèse d’un défaut de paiement plus probable".

Une paralysie des administrations fédérales - et, éventuellement, un défaut de paiement de la dette - serait un revers majeur pour les démocrates, qui ont par le passé mis en avant leur sens des responsabilités par contraste avec le mandat chaotique du républicain Donald Trump.

Pour sa part, le chef de file de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a exprimé son intention de forcer la chambre haute du Congrès à voter une extension de financement distincte du projet de loi destiné à suspendre jusqu’à fin 2022 le plafond de la dette américaine, fixé à 28.400 milliards de dollars.

"Nous pourrions avoir un vote bipartite aujourd’hui pour financer le gouvernement, s’il n’y avait pas ces tactiques bizarres du chef des démocrates du Sénat", a déclaré Mitch McConnell aux sénateurs.

Les républicains sont en désaccord avec les projets de dépenses des démocrates et veulent ainsi que ces derniers se débrouillent par eux-mêmes sur la question du plafond de la dette. Pour les démocrates, une grande partie de la dette récente des Etats-Unis découle de la gestion de l’ancien président républicain, Donald Trump.

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