Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Comores
Des facteurs inquiétants
5 août 2003

Encore insignifiante aujourd’hui, la séroprévalence de l’épidémie du VIH/SIDA (0,11%) pourrait connaître une dangereuse explosion, les facteurs favorisants étant tous réunis, a récemment averti un responsable du Programme national de lutte contre le SIDA (PNLS). Le chef du PNLS, Jean Youssouf, qui s’exprimait la semaine dernière lors d’un atelier de formation d’animateurs de radios communautaires avec l’appui de l’UNICEF, a cité les « facteurs favorisants » que sont une prévalence élevée des IST (Infections sexuellement transmissibles), des rapports sexuels précoces (dès l’âge de 12 ans), ainsi qu’un faible niveau de connaissance des modes de transmission de la maladie et d’utilisation des préservatifs.
« Seule une réelle volonté politique pourrait contribuer à stabiliser l’épidémie », a indiqué Jean Youssouf, rappelant le cas de l’Ouganda dont les efforts en la matière pourraient, a-t-il dit, servir de modèle. En douze ans, le nombre des personnes atteintes par le SIDA a été multiplié par 16. De quatre cas dépistés en 1988 (pour la première fois), on est passé à 69 à la fin de l’année 2002, dont 29 décès. Au cours de ces douze années, 140.000 prélèvements ont été effectués dans les laboratoires même si, prévient Jean Youssouf, « ces chiffres doivent être considérés avec précaution, car ils n’excluent pas les îles d’Anjouan et de Mohéli dans la période comprise entre 1997 et 2001, c’est-à-dire aux moments forts de la crise séparatiste ».
Examinant les différents modes de contamination, l’on constate que la voie hétérosexuelle demeure la plus répandue (60 cas), suivie de la transmission mère-enfant (5 cas), les quatre cas restants relevant, à égalité, de l’homosexualité et de la transfusion sanguine. D’après l’enquête MICS réalisée il y a deux ans, les femmes âgées de 15 à 19 ans et ne connaissant aucun moyen de prévention du VIH/SIDA représentent 35,5% des personnes interrogées. Dans la tranche d’âge des 15-49 ans, elles représentent 38,5%. À l’inverse, le taux des femmes de 15 à 19 ans et des 15-49 ans connaissant tous les moyens de prévention est respectivement de 46,7 et de 51%, « des chiffres qui nous encouragent à persévérer dans l’action de sensibilisation », a dit un ancien animateur d’un centre d’animation de jeunes, qui participe actuellement à la réalisation d’une enquête sur le VIH/SIDA. L’enquête MICS de l’année 2000 montre que 53,3% des 15-19 ans chez les femmes utilisent un condom, tandis que leurs grandes soeurs (15-49 ans) leur sont inférieures de quatre points. La fidélité comme moyen de prévention l’emporte chez les 15-49 ans, qui sont 40,6% à le croire, mais les adolescentes (15-19 ans) ne sont que 36% à imaginer qu’avec un seul partenaire l’on pourrait éviter d’attraper la maladie.
| Discussions à Mohéli sur le conflit institutionnel |
| Le conflit opposant le président de l’Union des Comores, Azali Assoumani, et celui de l’île de Mohéli, Mohamed Fazul, a alimenté, le week-end dernier, les entretiens à Mohéli où se trouvait, depuis vingt-quatre heures, une délégation gouvernementale conduite par le vice-président Ben Massoundi Rachidi, lui-même originaire de l’île.
Joint au téléphone par la PANA, le ministre d’État à la Défense, Hamada Madi Bolero, a déclaré que cette visite faisait suite à une réunion précédente visant à « restructurer les forces en vue de mieux soutenir les présidents Azali et Fazul dans l’île ». Cette thèse a cependant été réfutée par les observateurs sur place à Moroni, qui estiment que la présence du ministre délégué au Budget, le seul non-Mohélien de la délégation, viserait plutôt à désamorcer financièrement la crise apparue ces dernières semaines. Minimisant et même niant toute existence de crise entre les deux présidents, le ministre d’État a néanmoins déclaré que la mission « permettra aux deux parties de lever toute équivoque, de se mettre au même diapason et d’harmoniser les choses pour les batailles à venir », se refusant toutefois à préciser de quelles batailles il s’agit. De bataille, il pourrait bien être question à Pretoria où, selon des sources proches de la présidence grand-comorienne, pourrait se tenir à la mi-août une autre réunion ministérielle des pays de la région et de la Troïka de l’Union africaine après l’échec de celle de Moroni, tenue du 16 au 18 avril dernier. Un diplomate sud-africain serait d’ailleurs attendu cette semaine à Moroni pour prendre contact avec les différentes parties dans l’éventualité de la tenue de cette réunion. |
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