Monde

Les États-Unis veulent tout

Ary Yée Chong Tchi Kan / 20 septembre 2021

Quand les Chinois voulaient coopérer au sein de la station spatiale ISS, les Américains ont refusé. La Chine a répondu avec courage et élégance à cette hégémonie.

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Des armes nucléaires peuvent circuler à Diego-Garcia, base militaire à l’origine de la déportation des Chagossiens.

Une prouesse

Le 17 septembre 2021, une équipe de 3 astronautes chinois sont retournés au pays après avoir séjourné 3 mois dans la station spatiale chinoise qui est en construction. Au mois de mai 2021, le pays entier était sous le charme de l’arrivée sur Mars d’un engin qui, après un voyage d’un an, déploie ses ailes, filme le paysage martien et plante le drapeau rouge de la Chine et son emblème communiste. En décembre 2020, la sonde Chang’e avait ramené des échantillons du sol lunaire.

Une telle prouesse, en si peu de temps, avec des moyens modernes de robotiques et des cadres expérimentés, est révélateur de l’Excellence chinoise. Si l’ISS est mise à la retraite en 2024, la future station chinoise deviendra, alors, la seule alternative d’hébergement. Un responsable du programme spatial chinois a déjà anticipé : « nous sommes prêts à coopérer avec n’importe quel pays qui s’engage en faveur de l’utilisation pacifique de l’espace ». Finalement, c’est donc une victoire politique majeure.

En effet, en juin, le départ des 3 spationautes avait été salué par le chant patriotique « Pas de Chine nouvelle sans le Parti Communiste » ! Le décor était dressé pour les festivités du centenaire du PCC, le 1er juillet 2021. De la Terre à l’Espace, du pauvre sorti de la pauvreté aux scientifiques émérites, 1,4 milliard d’habitants vivent une ère nouvelle et une expérience de gouvernance jamais connue jusque-là.

Des défis importants

Dans la réalité, il s’agit d’assurer la prospérité de près de 20 % de la population mondiale, avec d’énormes défis, comme la création de 10 millions d’emplois nouveaux par an pour la jeunesse, l’épanouissement de 55 minorités nationales, la sécurité publique sur un vaste territoire ou l’accélération du vieillissement de la population. Il n’y a aucun équivalent nulle part.

Le contraste est saisissant avec la déroute des Occidentaux et leur chef de file états-unien, partis en Afghanistan installer une gouvernance à leur image. Vingt ans après, la vidéo de l’avion militaire US bondé de réfugiés et des corps qui tombent au décollage attestent de la violence morale et politique. Au même moment, les États-Unis négocient dans le dos de la France et imposent à l’Australie la rupture d’un contrat de fourniture d’une flotte de sous-marins qui était déjà signé. Cela se passe entre « alliés » dans le « monde libre ».

La vassalisation du « monde libre »

Cet épisode rocambolesque illustre le slogan « America is back ». Les États-Unis ont accumulé une dette de 30 000 milliards de dollars qu’ils ne veulent pas rembourser. Ils agitent en permanence des menaces ennemies pour obtenir le silence du « monde libre » sur ce pillage éhonté. Au diable la morale ! En 2013, Colin Powell, dans un acte de contrition très rare, mentionne que la CIA lui a menti. En 2003, l’Irak n’avait pas d’armes de destruction massive. La France, qui s’était opposée à cette invasion, avait une occasion en or de demander des comptes aux Américains sur la destruction d’un État laïque. Elle n’a rien fait.

Le 11 août 2021, Joe Biden appelle le « monde libre » à se réunir le 10 décembre en mode virtuel « contre la tyrannie, la corruption et pour le respect des droits humains ». Un groupe de travail sera constitué pour réunir dans un an une assemblée en présentielle. A cette date, les Talibans étaient déjà à Kaboul, Biden avait une autre priorité : mobiliser « le monde libre » contre la Chine. Pour les États-Unis, l’ennemi ne sont pas les Talibans mais les Chinois. Antony Blinken était en Inde, la vice-présidente Kamala Harris était à Singapour et au Vietnam pour vendre le projet d’un sommet de la démocratie et l’axe indo-pacifique.

La légitime défense française

Dans la réalité, les États-Unis sont en train de vassaliser un ensemble de pays qu’ils ont regroupés sous le vocable de « monde libre ». Ils n’ont aucun scrupule à dépouiller ou isoler leurs alliés du moment. La France ne retrouvera pas son contrat sur le terrain juridique. Elle devra réagir sur le fond moral et politique. Par exemple : 1) Accorder la citoyenneté à Julian Assange. 2) Aller dénoncer les États-Unis à l’assemblée plénière de l’ONU. 3) Soutenir fermement le retour du peuple chagossien sur sa terre natale. 4) renforcer des accords stratégiques avec Cuba. 5) quitter ce machin indo-pacifique au service de l’hégémonie américaine.

Ary Yee Chong Tchi Kan