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3 mars 2015, par

Le gouvernement d’Alexis Tsipras n’en démord pas. Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis propose une restructuration “intelligente” de la dette de la Grèce, sachant qu’un effacement de celle-ci serait inacceptable pour ses créanciers (FMI, BCE, UE).
« Une décote est un gros mot. Je l’ai appris. Tout comme nous ne voulons pas entendre parler du mot troïka, nos créanciers ne veulent pas entendre parler du mot décote. C’est quelque chose que je comprends », a expliqué Yanis Varoufakis, au quotidien allemand des affaires Handelsblatt.
« Cependant, il y a des solutions plus intelligentes », a assuré le ministre grec. Ce dernier a évoqué la possibilité de « reconvertir une partie des crédits que nous avons reçus du fonds de sauvetage européen FESF en obligations, dont le coupon et les remboursements seraient indexés sur l’évolution de notre Produit intérieur brut ».
Une proposition qu’il faudra défendre auprès des partenaires de la Grèce, qui ont consenti le 24 février à prolonger jusqu’à juin leur programme d’aide au pays. Mais les deux parties doivent s’accorder sur un nouveau contrat et la volonté farouche des créanciers de lancer une nouvelle série de réformes en Grèce.
Yanis Varoufakis a expliqué qu’il ne voulait plus que « l’Etat continue à s’endetter ». Raison pour laquelle, « le nouvel accord que nous voulons négocier d’ici fin juin doit consister en un pacte de croissance, qui s’appuierait sur des investissements du secteur privé ». Un pacte qui permettra au pays de renouer avec la croissance et s’assurer qu’une « partie de notre dette est restructurée intelligemment, sans que le niveau nominal ne change, le problème de la dette peut être résolu ».
Malgré tout, la Grèce va faire face en mars à d’importantes échéances financières difficiles à honorer, mais Yanis Varoufakis propose : « Nous avons des engagements vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI) en mars et en avril. Dans le même temps, la Banque centrale européenne (BCE) nous doit des intérêts d’un montant de 1,9 milliard d’euros perçus sur des obligations grecques. Nous proposons qu’une partie de cet argent serve au remboursement des prêts du FMI ». Un arrangement qui devrait convenir aux deux parties, mais qui pourrait bloquer face aux pays les plus conservateurs, comme l’Allemagne ou l’Espagne.
Acculé par ses partenaires européens, intransigeants vis-à-vis de son pays, le Premier ministre Alexis Tsipras, a dénoncé lors d’un discours devant les membres de son parti anti-austérité, Syriza, que les gouvernements conservateurs d’Espagne et du Portugal ont réagi de manière électoraliste, plutôt que politique.
« On était sur un terrain miné, les forces conservatrices en Europe ont tenté de nous piéger pour nous conduire à une asphyxie financière », a-t-il dénoncé samedi 28 février. Selon lui, « ces puissances ne souhaitaient pas que l’exemple grec ait une influence dans d’autres pays, surtout dans la perspective des élections en Espagne » prévues à la fin de l’année, comme au Portugal.
En Espagne, le gouvernement de Marjano Rajoy craint une victoire du parti anti-libéral, Podemos, cousin de Syriza. Ce petit parti espagnol fait trembler le parti au pouvoir, qui tente d’effrayer sa population, afin d’éviter à Podemos, un destin à la grecque. D’ailleurs, le chef du gouvernement espagnol, Marjano Rajoy, a répliqué le lendemain, assurant que l’Espagne et le Portugal n’étaient « pas responsables de la frustration qu’a créée la gauche radicale grecque en faisant des promesses qu’elle savait intenables ».
Côté portugais, Marco Antonio Costa, porte-parole du parti gouvernemental de centre droit PSD, a répliqué que les déclarations d’Alexis Tsipras étaient « très graves, lamentables et fausses », estimant que « les difficultés internes que traverse Syriza ne suffisent pas à justifier » de tels propos. Cette tension met en exergue la pression subie par le nouveau gouvernement grec, anti-austérité, et celle subie par les Grecs depuis 2009.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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