Grave menace pour l’Alliance des États du Sahel

Les jihadistes proches de prendre Bamako, capitale du Mali

5 novembre 2025, par Manuel Marchal

Treize ans après la chute du régime libyen, les conséquences du chaos de 2011 continuent de ravager le Sahel. L’intervention militaire française contre le Libye a ouvert une brèche dans la stabilité régionale. Les armes disséminées et les combattants dispersés à la suite de cette guerre ont nourri la montée en puissance de groupes jihadistes qui, depuis, défient les États de la région. Le spectre d’une chute de Bamako marquerait non seulement un revers pour les militaires au pouvoir au Mali, mais aussi pour toute l’AES menacée par la progression des jihadistes.

Le Mali fut le premier à en subir les effets de la guerre contre la Libye en 2011. Dès 2012, les attaques du Nord ont menacé l’unité du pays, poussant Paris à intervenir militairement. Mais, après des années d’opérations et d’un enlisement sans issue, l’armée française s’est retirée en 2022, à la demande des autorités issues d’un coup d’État militaire. Ces dernières ont alors cherché l’appui de la Russie et de ses supplétifs du groupe Wagner, promettant de « restaurer la souveraineté nationale » et d’éradiquer le terrorisme.

Trois ans plus tard, les jihadistes du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), affiliés à Al-Qaïda, sont plus puissants que jamais. Ils contrôlent désormais une grande partie des routes menant à Bamako, la capitale, et multiplient les attaques contre les garnisons et les convois militaires. Selon plusieurs sources locales, le JNIM a instauré un blocus économique et religieux autour de la capitale. Certaines compagnies de transport ont reçu l’ordre de ne plus embarquer de militaires, ni de femmes non voilées. Dans les zones qu’il contrôle, le groupe impose la charia, taxe les commerçants et administre la justice, s’affirmant comme un pouvoir parallèle.
Cette poussée jihadiste fragilise gravement l’Alliance des États du Sahel (AES) — le regroupement du Mali, du Burkina Faso et du Niger — censée incarner une alternative face aux puissances occidentales. Alors que ces trois régimes militaires avaient proclamé leur unité politique et sécuritaire, chacun est désormais confronté à une insécurité grandissante.
À Bamako, la tension monte. Les habitants redoutent un siège de la capitale, tandis que les autorités militaires multiplient les appels au calme et promettent une contre-offensive. Mais sur le terrain, l’encerclement semble se resserrer.
Le spectre d’une chute de Bamako marquerait non seulement un revers pour pour les militaires au pouvoir au Mali, mais aussi pour toute l’AES menacée par la progression des jihadistes. Malgré la rupture avec la France et le recours à Moscou, la guerre contre les jihadistes connaît un renversement de situation.

M.M.

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