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Pendant que les projecteurs sont braqués sur Hong Kong
11 octobre 2014, par

Pendant que les médias occidentaux montent en épingle des manifestations à Hong Kong, ils passent sous silence la eépression d’une révolte populaire aux États-Unis. Les dirigeants occidentaux se taisent alors qu’ils donnent des leçons à la Chine sur la situation à Hong Kong. Or, aux États-Unis le sang a coulé, il y a déjà des morts.
Dans les colonnes du « Monde » hier, un article relatant la répression d’une manifestation. Voici un extrait : « Armés de gaz lacrymogène et de gros calibres, (...) les policiers ont rapidement dispersé la foule qui leur lançait des insultes. Des responsables locaux ont demandé une enquête sous l’autorité du ministère de la justice, craignant qu’une enquête menée par la police locale soit de toutes façons biaisée. »
Ce mouvement succède à un autre lancé dans une ville voisine au mois d’août. Voici comment la confrontation était décrite : « la manifestation était pacifique, mais elle a débouché sur des débordements. Une vingtaine de voitures de police ont été endommagées, un distributeur de billets arraché et des scènes de pillages ont été filmées notamment dans une station-service. D’autres magasins du quartier ont été touchés dans le quartier et le trafic routier a été coupé à la suite des émeutes. »
En réponse, le pouvoir n’a pas négocié. Il a envoyé des militaires et des blindés pour mater la révolte. Il avait face à lui des manifestants défilant les mains en l’air.
Ces faits sont d’une rare violence. Ils n’ont pas eu lieu à Hong Kong mais aux États-Unis. A Ferguson au mois d’août et à Saint-Louis cette semaine. Ils font suite aux massacres de jeunes Américains, descendants d’esclave, par des policiers. Ils permettent de replacer à leur juste valeur les manifestations dans la grande ville chinoise.
À Hong Kong, les manifestants ne risquent pas d’être tabassé par des militaires. Ils peuvent s’exprimer sans crainte et le gouvernement leur propose même de négocier.
Ils disent revendiquer la démocratie.
Aux États-Unis, les manifestants luttent clairement pour la démocratie : ils veulent le respect des droits humains. Ils n’ont plus aucune confiance dans les autorités locales, et exigent la fin de l’impunité pour les exactions racistes.
Le pouvoir a répondu par l’escalade. Il a envoyé des blindés, des militaires casqués et des gaz lacrymogènes sur les manifestants, rien de tout cela à Hong Kong. La tension est montée à Saint-Louis, et le drapeau américain a été brûlé en plein coeur des États-Unis.
Mais aucun État occidental, si prompt à manifester son soutien aux étudiants de Hong Kong, ne bouge le petit doigt pour tenter de sauver les victimes de la répression aux États-Unis.
Sans doute les dirigeants occidentaux jugent-ils que la démocratie exemplaire est celle du pays qui réprime son peuple, et que le régime à combattre est celui qui négocie avec son peuple.
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