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La violence d’Etat dénoncée par l’ONU
2 mai 2023, par

De nombreux pays, y compris les États-Unis, la Chine, ainsi que la Russie et l’Iran, ont vivement critiqué les violences de la police en marge des manifestations.
Attaques contre les migrants, profilage racial, discrimination contre les musulmans... la France a été visée ce 1er mai par des critiques lors d’une séance à l’ONU qui examinait la situation des droits de l’homme dans l’Hexagone.
Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU s’est penché sur la situation des droits humains en France, une procédure à laquelle se soumettent régulièrement tous les États membres des Nations unies.
Plusieurs pays, y compris les États-Unis et la Tunisie, ont appelé la France à faire plus d’efforts pour lutter contre les violences et les discriminations raciales. « Nous recommandons à la France d’intensifier ses efforts pour lutter contre les crimes et les menaces de violence motivés par la haine religieuse tels que l’antisémitisme et la haine antimusulmane », a déclaré la représentante américaine, Kelly Billingsley.
La Chine pointe « le racisme et la xénophobie »
« Il y a une augmentation du racisme et de la xénophobie », a accusé le représentant chinois, qui a appelé la France à cesser de prendre « des mesures qui violent les droits des migrants ».
De leurs côtés, les représentants du Brésil et du Japon ont critiqué « le profilage racial par les forces de sécurité ». L’Afrique du Sud a elle appelé les autorités françaises « à prendre des mesures pour garantir des enquêtes impartiales par des organes extérieurs à la police dans tous les cas d’incidents racistes impliquant des policiers ».
Les violences policières lors d’opérations de maintien de l’ordre ont également été mises à l’index par plusieurs délégations comme la Suède, la Norvège et le Danemark par exemple. Le Liechtenstein a demandé une enquête indépendante sur ces excès, tandis que le Luxembourg a demandé que la France « repense sa politique en matière de maintien de l’ordre » tandis que la Malaisie a réclamé que les responsables « soient punis ».
La Russie, le Venezuela et l’Iran ont aussi choisi de critiquer plus particulièrement les violences de la police en marge des manifestations. « Nous sommes préoccupés par les mesures dures et parfois violentes visant à disperser des citoyens pacifiques », a déclaré la représentante russe, Kristina Sukacheva.
Des critiques se font entendre en France
En France, les critiques se multiplient contre le recours à la force jugé excessif ces derniers mois envers les manifestants opposés à la réforme des retraites.
Pendant la session des réponses de la délégation française, Sabrine Balim, conseillère juridique du ministère de l’Intérieur, a fait valoir que « l’usage de la force est strictement encadré, contrôlé et en cas de faute sanctionné ».
De plus, elle a rappelé que les forces de l’ordre avaient obligation de porter un numéro d’identification individuel « afin d’assurer une visibilité et traçabilité de leurs actions ». Une obligation peu respectée. Le ministre français de l’Intérieur, Gérard Darmanin a rappelé aux policiers qu’ils devaient le porter « en toutes circonstances ».
En mars, la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe Dunja Mijatovic, avait déclaré que « les actes de violence sporadiques de certains manifestants ou d’autres actes répréhensibles commis par d’autres personnes au cours d’une manifestation ne sauraient justifier l’usage excessif de la force par les agents de l’Etat. Ces actes ne suffisent pas non plus à priver les manifestants pacifiques de la jouissance du droit à la liberté de réunion ».
Cette dernière a reprit les accusations beaucoup plus virulentes lancées par des ONG. « Le glissement autoritaire de l’Etat français, la brutalisation des rapports sociaux par le truchement de sa police, les violences de tout ordre et l’impunité sont un scandale majeur », a assuré le président de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Patrick Baudouin.
Les autorités françaises mettent « à mal le droit de contestation des citoyens en faisant un usage disproportionné et dangereux de la force publique », a indiqué ce dernier. De son côté, l’ONG Human Rights Watch critique « le contrôle abusif des foules et des tactiques anti-émeutes ».
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