« Accord de libre-échange entre L’Union européenne, les Comores, Maurice, Madagascar et les Seychelles : graves conséquences pour les Réunionnais pas consultés »
7 juin, par10 juin : signature de l’APE UE-Afoa
Le Traité constitutionnel prévoit une sortie de La Réunion de l’Europe
26 mai 2005

Les partisans du “oui” appellent à accepter le Traité pour consolider la place de La Réunion dans l’Europe. En réalité, ils nous demandent d’approuver un traité dont un dispositif permet à l’UE de nous sortir de l’espace européen. Ils nous disent : vous serez consultés. Mais les Réunionnais n’ont jamais été consultés sur l’introduction de ces dispositifs dans le Traité ni sur l’ensemble du Traité. Si on ne nous a pas consulté aujourd’hui, qui nous dit que demain nous le serons ?
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La volonté majoritaire des Réunionnais est de rester au sein de la République française. C’est un fait et la Constitution française enregistre en quelque sorte cette volonté.
Le paragraphe 7 de l’article IV 440 du Traité de Constitution européenne, lui, prévoit la possibilité pour l’Union européenne de modifier, à la demande de l’État français, le statut de n’importe quel territoire ultra-marin français, qu’il ait le statut de région ultra-périphérique (RUP) ou de pays et territoire d’Outre-mer (PTOM). Ces dispositions organisent une procédure simplifiée pour faire passer un territoire de la catégorie de RUP à celle d’un PTOM ou vice-versa. Ainsi, à l’intérieur de l’Europe, La Réunion peut changer, à la demande du gouvernement français dans 10, 20 ou 30 ans de statut.
Ces modifications ont été apportées par les personnalités regroupées au sein de la Convention présidée par Giscard d’Estaing et qui a eu pour responsabilité de rédiger le projet de Traité. Les personnalités françaises ayant siégé au sein de la Convention étaient constituées, en grande partie, par des responsables de l’UMP ou de l’UDF et par des socialistes.
Ces derniers mènent campagne pour le “oui”. À La Réunion, ils nous expliquent que voter “non”, c’est voter contre l’Europe et voter “oui” c’est "consolider la place de La Réunion dans l’Europe".
Mais, dans la réalité, ils nous appellent à accepter un traité dont un dispositif permet à l’UE de nous sortir de l’espace européen.
Les responsables locaux de l’UMP ou du PS, partisans du “oui” nous disent : vous n’avez rien à craindre, vous serez toujours consultés. Oui, mais voilà, les dispositifs de l’article IV 440 qui prévoit la possibilité pour l’Union de modifier, à la demande de l’État français, notre statut européen, ont été pris sans qu’un seul Réunionnais n’ait été consulté. Tout le monde a appris leur existence ces jours-ci. Comme pour l’élaboration de l’ensemble du Traité d’ailleurs, on n’a pas demandé l’avis des Réunionnais. Si on ne nous a pas consulté aujourd’hui, qui nous dit que demain nous le serons ?
Il y a encore pire : aujourd’hui qu’on nous demande notre avis sur le Traité et que nous disons que nous ne l’acceptons pas on nous rétorque : vous n’avez pas le droit, la seule réponse possible, c’est de dire “oui”. On nous dit voter “non” c’est tourner le dos à l’Europe - laquelle a elle la possibilité de nous tourner demain le dos - et l’affaiblir. Dans ces conditions, pourquoi nous donner deux bulletins de vote, le “oui” et le “non” ? Sinon, c’est prendre les Réunionnais pour des imbéciles.
Escroquerie
La campagne du référendum est émaillée de nombreuses escroqueries intellectuelles, morales et politiques de la part des partisans de la “Constitution Giscard”. Par exemple, celle consistant à faire croire que "ce texte ne comporte que des avancées sociales et démocratiques" (Harlem Désir). Ou que voter “non” c’est "donn in koud pié dan son zasiète manzé" (Jean-Claude Fruteau). Ou qu’il faut voter “oui” "pour qu’une autre Europe soit possible" (affiche des Verts). Ou encore qu’"il n’y aura pas de renégociation du projet de traité entre les 25 États membres de l’UE en cas de victoire du “non”".
On entend et on lit bien d’autres mensonges grossiers de ce type, qui sont d’ailleurs démentis par des articles figurant dans le document envoyé aux électeurs. Mais la plus grosse des escroqueries est celle qui consiste à dire aux gens : "il faut voter “oui” si l’on est pour la France et pour l’Europe ; voter “non” c’est voter contre l’Europe". Paroles de nombreux dirigeants de l’UMP.S.
Rien que ça donne envie de voter “non”, tellement c’est malhonnête. Et injuste envers toutes celles et tous ceux qui ont donné leur vie pour libérer la France lors de la Seconde guerre mondiale.
On pense notamment à ces milliers de résistants déportés dans les camps nazis et qui, fidèles au combat de leur jeunesse, fidèles à ceux des leurs qui ne sont pas rentrés chez eux à la fin de la guerre et fidèles au programme du Conseil national de la Résistance, ont lancé un appel à rejeter cette Constitution, source d’injustices et de nouveaux drames. Ces personnes veulent une autre Europe, pas celle de la finance ! Qui oserait mettre en doute leur attachement à la France patrie des droits humains et à l’Europe des peuples ?
Que Mme Chirac se livre publiquement à une telle escroquerie, lors d’une visite d’hôpital mercredi à Paris avec le ministre de la Santé, est tout simplement lamentable. Surtout en ajoutant en “off” : "on les aura !"
Nana éfèktivman “in zour i apèl domin”. Na voir sa dimansh...
L. B.
10 juin : signature de l’APE UE-Afoa
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