Monde

Les services d’aide à la personne réduisent les inégalités et développent l’économie

Selon l’OCDE

Témoignages.re / 15 mai 2018

Le PCR propose la création d’un service d’intérêt public dans l’aide à la personne afin de faire face à l’évolution de la démographie de notre île. Ceci permettra aussi de créer des emplois à La Réunion. Ailleurs dans le monde, le développement de services pour la petite enfance et les personnes âgées sont un atout pour l’économie. C’est ce qu’indique un rapport de l’OCDE. Le document souligne qu’en Europe du Nord, ces services ont nettement contribué à la croissance économique car ils réduisent les inégalités entre les femmes et les hommes dans l’accès à l’emploi. Voici la présentation faite hier par l’OCDE de son dernier rapport.

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« Il ressort d’un nouveau rapport de l’OCDE que les politiques favorables à la famille mises en place dans les pays nordiques depuis cinquante ans et la hausse du taux d’activité des femmes qui en a découlé ont permis d’augmenter la croissance du PIB par habitant de 10 à 20 %. Le rapport Is the Last Mile the Longest ? Economic Gains from Gender Equality in Nordic Countries analyse les retombées de mesures prises par le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège et la Suède pour faire en sorte que les femmes et les hommes puissent avoir toute leur place sur le marché du travail.
Les résultats montrent que le PIB par habitant dans la région serait inférieur de 1 500 USD en Finlande et jusqu’à 9 000 USD en Norvège si le taux d’emploi des femmes était resté au niveau où il se situait au milieu des années 60. Les gains ont été moindres en Finlande étant donné que les femmes étaient déjà insérées dans le marché de l’emploi à cette époque.

Politique de la petite enfance et de la vieillesse

Au cours des dernières décennies, les pays nordiques n’ont cessé d’investir dans des structures de garde d’enfants subventionnées, des services de prise en charge des personnes âgées et des dispositifs de congé parental rémunéré pour les mères comme pour les pères. Les employeurs et les syndicats ont également fait en sorte que les salariés puissent bénéficier d’horaires de travail plus souples et propices à la vie de famille. 
Ces programmes ont contribué à diminuer les écarts de taux d’emploi entre hommes et femmes, qui sont désormais les plus bas des pays de l’OCDE, à environ 4 points de pourcentage, contre 12 points en moyenne dans l’OCDE. Les mères sont plus susceptibles d’occuper un emploi à temps plein que partout ailleurs, et les couples se répartissent généralement les travaux rémunérés et non rémunérés de manière plus équitable que dans la plupart des pays de l’OCDE.
« L’égalité entre les sexes est à la fois un droit humain fondamental et un facteur essentiel de croissance inclusive », a déclaré M. Ángel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE, à l’occasion de la présentation du rapport à Montréal lors du Forum 2018 des politiques sociales de l’OCDE, avant d’ajouter : « Les pays nordiques se sont davantage rapprochés de l’objectif de l’égalité entre les femmes et les hommes que la plupart des autres pays de l’OCDE. L’élimination des dernières disparités permettrait d’obtenir de nouvelles retombées économiques et sociales, mais il faudra pour cela un engagement renouvelé. »

Egalité du droit à l’emploi sauf pour les cadres

« Les pays nordiques ont choisi des voies différentes mais ils font preuve d’une volonté commune de donner aux femmes et aux hommes les mêmes possibilités au regard de l’emploi », a souligné Mme Annika Strandhäll, ministre suédoise de la Santé et des Affaires sociales et présidente du Conseil nordique des ministres pour la santé et les affaires sociales. « Plusieurs enquêtes montrent que la région nordique est la plus égalitaire au monde, et ce rapport illustre les bénéfices sociaux considérables qu’apporte une politique efficace en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. »
Malgré tout, des inégalités persistent entre les sexes. Le pourcentage des femmes cadres oscille entre 27 % au Danemark et 39 % en Suède, et l’écart de salaire médian va de 6 % au Danemark à 18 % en Finlande pour les salariés à temps plein, contre 14 % en moyenne dans l’OCDE.
Réduire les disparités entre hommes et femmes en termes de taux d’activité et d’horaires de travail d’ici 2040 pourrait aider à stimuler la croissance du PIB par habitant dans les pays nordiques de 15 à 30 %. »