Seychelles

Les Seychelles, capitale internationale du créole

Festival international kréol cette semaine dans l’archipel

28 octobre 2003

L’édition 2003 du célèbre Festival international kréol des Seychelles a débuté en début de semaine dans l’archipel de l’océan Indien, pour une semaine que les ministres de la Culture des États de la Commission de l’océan Indien (COI) mettront à profit pour se rencontrer, a appris la PANA de source officielle.

« Donner un nouvel élan au créole », tel est l’objectif de la 18ème édition du Festival créole des Seychelles, indique le ministère de la Culture de l’archipel. D’importants rendez-vous sont prévus durant cette semaine de célébration annuelle de la culture créole. Parmi ceux-ci, une rencontre des ministres de la Culture des États de la Commission de l’océan Indien (COI) qui doit faire le point sur la Commission permanente des ministres et responsables des affaires culturelles de l’océan Indien, créée l’année dernière, lors de la 17ème édition du festival.
Plusieurs artistes de la zone sont attendus, comme Ziskakan de La Réunion, Malesh des Comores ou Jaojoby de Madagascar. Ils ont fait le déplacement pour animer l’aspect festif de la manifestation qui regroupera également des experts linguistiques des Antilles françaises, de Sainte Lucie ou encore des États-Unis, spécialisés dans l’étude du créole, a-t-on appris de même source.

Langue maternelle, langue d’enseignement

Les Seychelles font partie des premiers pays au monde, après Haïti, à avoir développé une importante politique culturelle en faveur du créole, langue officielle avant le français et l’anglais, proclamée dans la Constitution.
En 1981, la politique linguistique du pays fut réorientée et précisée par le gouvernement dirigé jusqu’à maintenant par le Seychelles People’s Progressive Front (SPPF). Le créole, appelé "seselwa", est devenu la première langue nationale, l’anglais la deuxième, et le français la troisième.
Après l’indépendance (1976), le gouvernement seychellois a institué une réforme importante en 1981. Cette réforme officialisait l’alphabétisation en créole et lui donnait un statut de langue d’enseignement aux côtés de l’anglais et du français.
Aujourd’hui, le créole seychellois est la seule langue employée et enseignée à la maternelle ainsi que durant les quatre premières années du primaire. C’est la langue d’enseignement utilisée dans toutes les matières. À partir de la cinquième année, l’anglais, la seconde langue, prend progressivement la place du créole avant de devenir la seule langue enseignée au secondaire.
Ainsi, dès que l’élève a appris à lire et à écrire en créole, il passe à l’anglais. Le français est obligatoirement la troisième langue enseignée et son étude est introduite au primaire dès que l’anglais est suffisamment maîtrisé, soit dès le second cycle et durant tout le secondaire.

Résultats significatifs

L’enseignement du créole "seselwa" a révolutionné l’éducation aux Seychelles. Ainsi, la promotion du créole dans le système éducatif a conduit les enseignants à s’intéresser à la tradition populaire véhiculée dans cette langue, notamment au moyen des contes, des légendes, des chansons, etc. Elle a suscité la production d’un grand nombre d’ouvrages didactiques en créole. Une réussite pédagogique soulignée par une récente étude commandée par l’UNESCO.
Les élèves seychellois en sixième année de scolarité sont parmi les meilleurs de toute l’Afrique australe, orientale et centrale, d’après cette récente étude sur la qualité de l’éducation, réalisée dans une quinzaine de pays de ces trois régions. Selon cette enquête menée auprès de 45.560 élèves, accomplissant leur sixième année de scolarité (moyenne d’âge de 13 ans), dans 2.493 écoles, les meilleurs lecteurs sont ceux des Seychellois, immédiatement suivis par les Kenyans, les Tanzaniens et les Mauriciens.
Elle a été réalisée par le Consortium sud-africain pour le suivi de la qualité de l’éducation (SACMEQ), soutenu par l’UNESCO et dont sont notamment membres les ministres de l’Éducation de l’Afrique du Sud, du Botswana, de l’Île Maurice, du Kenya, du Lesotho, de Malawi, du Mozambique, de la Namibie, de l’Ouganda, des Seychelles, du Swaziland, de la Tanzanie, de la Zambie, de Zanzibar et du Zimbabwe.

Forte présence réunionnaise au Festival kréol des Seychelles
De nombreuses personnalités représentant les pays de l’océan Indien, des institutions et organisations internationales honorent de leur présence la 18ème édition du Festival Kreol dont le coup d’envoi a été donné ce week-end, a-t-on appris hier de source officielle.
Le coup d‚envoi du Festival créole 2003 des Seychelles a eu lieu samedi dernier par le vice-président de la République, James Michel selon un communiqué de presse du ministère de la Culture de l’archipel. L’île la plus fortement représentée à cette 18ème édition du Festival Kréol est La Réunion. Ainsi, de nombreuses personnalités dont le vice-président du Conseil Régional, Antoine Minatchy, le président de la Commission Culture au Conseil général, Gino Ponin Balom, l’adjointe au maire de Saint-Denis, Patricia Salimina, et Serge Moucazambo, vice-président de l’Office départemental de la Culture (ODC), représentent notre île. Le ministre mauricien des Arts et de la Culture, Motee Ramdass est également présent, tout comme Carlos Rey représentant de l’Union européenne dans la région.

Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus