Canne à sucre : derrière le manque de bras, le problème du revenu des planteurs à cause de la stratégie de Tereos
14 août, parRecrutement de travailleurs des pays voisins pour couper la canne pendant plusieurs mois
4 avril 2008, par

Le jeudi 27 mars dernier, le Cercle Philosophique Réunionnais a organisé une table-ronde à l’Université Solidaire (Mutualité de La Réunion) à l’occasion du 100ème anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir, une des philosophes françaises les plus célèbres du 20ème siècle. Après des exposés très intéressants de l’historienne Élisabeth Ponama et de la philosophe Brigitte Croisier sur la vie et l’œuvre de l’auteure du “Deuxième Sexe”, le public a longuement débattu avec les conférencières et les représentantes de plusieurs organisations féminines réunionnaises sur « l’héritage » de Simone de Beauvoir dans la lutte pour la cause des femmes à La Réunion.
Ce débat fut très riche car il a permis de montrer comment, dans de nombreux domaines de notre vie sociale et familiale, les femmes ont réussi - grâce à leurs luttes et à des hommes solidaires - à faire avancer le respect de leurs droits. Mais il a également illustré à travers de nombreux exemples que bien des combats restent à mener pour abolir les discriminations et le mépris dont les femmes sont encore victimes.
Des souffrances camouflées
Un exemple de ce mépris est donné régulièrement par les médias du “biznèss”, qui vivent de la pub pour les bagnoles et qui mettent systématiquement une femme sexy à côté d’une voiture à vendre. Cette instrumentalisation de la femme et de son corps prouve à quel point le système économique dominant est irrespectueux de la dignité des personnes.
Les atteintes à la dignité humaine ont été une nouvelle fois dénoncées par Philippe Thionville, de l’association Amitié-Sobriété, qui apporte son soutien aux personnes qui souffrent de la dépendance à l’alcool, aux médicaments, au zamal et autres drogues. C’était lundi dernier sur les ondes des radios associatives (réseau FAR), dans le cadre d’une émission animée par Jean-Yves Cerneau.
Le “philosophe de rue” a signalé qu’il y a « une montée en puissance de la défonce à La Réunion » et qu’il faut « améliorer les mesures de prévention en s’attaquant aux causes multiples et profondes de cette maladie plutôt que de montrer du doigt les victimes ». « Lorsqu’on parle du développement durable et que l’on camoufle ces souffrances, qui ne sont pas prises en compte par les services de l’État, ce problème de société augmente la détresse de nombreuses familles », ajoute Philippe Thionville.
Cultiver l’espérance
Les religions peuvent-elles contribuer à résoudre les problèmes sociaux, dont les solutions dépendent notamment de l’État républicain ? Autrement dit, quel peut être le rôle des croyances religieuses dans la vie politique aujourd’hui ? Ce sont des questions qu’a posées le Père Paul Valadier ce mardi lors d’une conférence-débat à la résidence des jésuites à Saint-Denis.
Ce prêtre catholique, professeur de philosophie morale et politique aux facultés jésuites de Paris, a insisté sur le fait que l’Église à laquelle il appartient doit constamment « montrer les limites de l’individualisme et l’importance de la solidarité, le partage des biens ». Elle ne doit donc plus prêcher la résignation mais cultiver l’espérance et « rappeler qu’il y a des choses intolérables dans nos sociétés ».
Ce discours contestataire s’est terminé par l’appel du jeune prophète rebelle, assassiné sur une croix par les tenants du système en Palestine occupée il y a vingt siècles : « lève-toi et marche ! ». Dans ce combat solidaire pour changer la société, pouvons-nous “marcher ensemble” ? La réponse appartient aux citoyens, quelle que soit leur religion, qu’ils en aient une ou qu’ils n’en aient pas.
Roger Orlu
* Envoyez vos critiques, remarques et contributions afin que nous philosophions ensemble...! [email protected]
Recrutement de travailleurs des pays voisins pour couper la canne pendant plusieurs mois
Nelson Mandela la di in gayar kozman dsi la lang demoune son péi. Li la di : « Si zot i koz avèk in moune dann in lang li konpran, zot i koz avèk (…)
In kozman pou la rout
IBL-Caillé : l’alliance du géant mauricien et du nain réunionnais ?
Communiqué de « Sainte-Suzanne, Terre de Progrès »
Recrutement de travailleurs des pays voisins pour couper la canne pendant plusieurs mois Canne à sucre : derrière le manque de bras, le problème (…)
Impact de conflits lointains dans un pays insulaire dépendant de lointaines importations
Combattre les causes du chômage de masse
180 litres d’eau par jour par personne : droit dans le mur
À La Réunion l’école est obligatoire et doit être gratuite
Accélération de la crise du système néocolonial
Lutte des Chagossiens
Messages
25 avril 2008, 04:02, par Aline Hoarau Murin
le rôle des croyances dans la vie politique aujourd’hui
Au nom de l’ancestralité
Oui nous sommes un peuple métissé : c’est une réalité.
Dés le peuplement de l’Ile, l’Ile Bourbon puis l’Ile de la Réunion, le métissage a commencé. Mais chaque immigrant déraciné a voulu garder son identité originelle. C’est naturel, c’est Humain.
Ainsi, aujourd’hui, le métissage est valorisé à travers des grandes manifestations culturelles et cultuelles comme le jour l’an Tamoul, le jour l’an chinois et le jour l’an arabe.
Bien sûr, on parle aussi du 20 décembre. Cette belle fête, arrosée en manifestations sonores, où tout le monde boit, danse .C’est la liberté de tous les Réunionnais.
Vive Sarda Garriga, le papa de ces esclaves opprimés pendant des années ;
Vive Sarda Garriga, celui qui va effacer ces sommes de souffrances qu’un peuple a porté en étant victime de violences, de viols ;
Merci Sarda Garriga pour libérer ce peuple qui a enfoui dans sa mémoire ces belles images de son pays où jadis il marchait librement dans sa savane avec ses frères en fredonnant des chants liturgiques,
Merci Papa Sarda de nous laisser à nouveau danser aux rythmes de nos instruments musicaux
Merci Papa de nous autoriser d’avoir une pensée pour nos ancêtres et de les honorer selon la coutume.
Mais Papa Sarda, tu nous as oubliés, tes belles paroles humaines la « fanées. »
Aujourd’hui, tous les 20 décembre gomment peu à peu les plaies de l’esclavage. Chaque être humain veut retrouver sa juste place dans cette société réunionnaise métissée.
Mais en réalité, il y a injustice culturelle et cultuelle.
La société réunionnaise est malade. Beaucoup souffrent encore de ce passé où violences, blocages, mal être, sont les maux quotidiens qui empêchent une grande partie de la population réunionnaise de réussir économiquement et socialement. Cette population victime de l’illettrisme se réfugie dans la boisson locale : le Rhum et exprime son exclusion dans des actes violents ( conflits conjugaux, bagarres avec des armes blanches, échec scolaire chez les jeunes...,) la liste est longue.
Que faire alors, faut-il rester les bras croisés et continuer à regarder l’ascension sociale des groupes qui n’ont pas subi de plein fouet la déculturation, l’avilissement massif et profond de l’esclavage. ,Ceux là ont trouvé une tranquillité d’esprit qui se traduit par une réussite sociale facilitée par cette solidarité autour du culturel et du cultuel.
Qu’en est-il des descendants d’esclaves, "Malgas", Africains, souvent encore au dernier rang économique et social ? Je sais que cela agace profondément d’évoquer un passé peu glorieux et gênant que tous ont envie d’oublier. Encore faut-il pouvoir réellement le faire. Surtout ceux qui en subissent encore les séquelles, comme nous sommes obligés de le constater : des descendants qui ont toujours du mal à « s’aligner » sur les autres.
Bêtise, manque d’initiative, inconséquence, pourquoi pas paresse, incompétence atavique, vices de toute sorte, seraient la raison de leurs difficultés ? On peut toujours fustiger un comportement qui ne semble pas favoriser le dynamisme économique et social.
Vous ne vous êtes pas posé de questions que c’est quand même curieux que cela fonctionne mal pour tout un groupe ? Ne me dites pas que cette généralisation est grossière, peut-être, mais c’est quand même la majorité qui est concernée, et vous le savez…Les individus qui réussissent en ont plus de mérite mais c’est un petit nombre.
C’est tellement plus facile d’être naturellement « digne » de toutes les réussites que vous voyez déjà inscrites dans votre entourage quotidien. C’est tellement plus facile d’avancer quand votre parcours est balisé de repères ancestraux qui vous rassurent sur les valeurs du groupe auquel vous appartenez et auxquelles vous vous accrochez dans les moments d’égarement et de doute.
Que faire quand votre religion est considérée comme superstitions et sorcellerie ? où se réfugier ? où panser vos douleurs ? où se construire ? Où se reconstruire ? Il n’y a même pas un seul espace officiel sur toute l’Ile qui soit reconnu comme tel. Ceci est symptomatique d’une situation certes historique, puisque contrairement aux engagés indiens que Bourbon a fait venir et auxquels il fallait donner un espace cultuel de droit, mais toujours est-il que le servis "malgas" ou africain se confine toujours dans la sphère privée.
Aujourd’hui, il est urgent d’agir : au nom de la paix sociale, au nom du devoir de mémoire, il faut parler de réparation. Ces jeunes, ces adultes qui ont perdu leurs attaches culturelles et cultuelles, attaches refoulées, oubliées , critiquées, jugées injustement, vivent mal leur ancestralité. Cette partie de la population réunionnaise qui frappe tous les jours aux portes des collectivités pour subir ces nouvelles marques esclavagistes modernes : Rmi, Ces, contrat CUI, allocations familiales, aides logement, allocation parent isolé... Ces nouvelles chaînes solides et modernes créées par des maîtres plus riches et plus puissants aliènent davantage ces nouveaux esclaves qui sont étroitement contrôlés par des nouveaux « commanders. »
Pour apaiser et panser ces souffrances psychologiques, nous devons restaurer ces sites historiques, ces lieux de mémoires oubliés. Nous devons favoriser l’installation de sanctuaires, Ces lieux chantent l’Afrique et la Grande Ile, ces lieux sont remplis de souvenirs, ces lieux miroitent la culture malgache.
Voilà, nous devons nous concerter pour rendre hommage à ces Réunionais qui réclament leur identité à travers la mise à disposition des lieux qui leur permettront de se ressourcer, de rendre hommage à leur ancêtre, des lieux qui transpireront leur culture malgache ancestrale, des lieux qui permettront à ces gens d’être considérés comme tous les autres, des Réunionais fiers, courageux, responsables et surtout armés pour être des citoyens actifs reconnus.
A Murin- Hoarau