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Economie du numérique
1er juin 2019

L’intelligence artificielle (IA) a un rôle important à jouer dans la lutte contre la faim, l’atténuation de la crise climatique et la transition « vers des villes intelligentes et durables », a déclaré le chef de l’agence des Nations Unies spécialisée dans les technologies de l’information et de la communication, Houlin Zhao, lors du Sommet mondial sur l’intelligence artificielle au service du bien social.
Ce sommet, qui se déroule à Genève du 28 au 31 mai, « est la principale plate-forme de dialogue des Nations Unies sur l’intelligence artificielle », a expliqué mardi M. Zhao, Secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Organisé par l’Union internationale des télécommunications (UIT) - en partenariat avec la Fondation XPRIZE, l’Association for Computing Machinery (ACM) et 37 entités des Nations Unies - le sommet vise à identifier les applications pratiques de l’intelligence artificielle pour accélérer les objectifs de développement durable des Nations Unies. Les discussions portent également sur des questions complexes relatives à la confidentialité et à la confiance, ainsi qu’aux défis à relever, allant de la suppression d’emplois et aux biais potentiels dans les algorithmes, aux armes autonomes et à la manipulation sociale. Plus de 2.000 participants de plus de 120 pays sont venus à ce sommet pour discuter du potentiel de l’intelligence artificielle dans les domaines de l’éducation, de la santé et du bien-être, de l’égalité sociale et économique et de la recherche spatiale.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a envoyé un message saluant « les promesses » de l’intelligence artificielle, tout en mettant en garde contre ses dangers potentiels.
« Si nous voulons exploiter les avantages de l’intelligence artificielle et faire face aux risques, nous devons tous travailler ensemble - gouvernements, entreprises, universités et société civile - pour développer les cadres et les systèmes permettant une innovation responsable », a-t-il déclaré. « Ces systèmes doivent être agiles et adaptables, capables d’élaborer des règles et des normes d’autorégulation, parallèlement à des lois et des instruments juridiquement contraignants, le cas échéant, comme dans le cas des armes létales autonomes ».
Notant que l’ONU est bien placée en tant que forum sur « la meilleure manière de guider le progrès pour mieux servir l’humanité », M. Guterres a souligné qu’il fallait saisir cette occasion de travailler en partenariat pour exploiter ces avancées technologiques pour le bien commun.
De son côté, Petteri Taalas, Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), a déclaré que le changement climatique accentuait la nécessité de disposer d’informations adaptées pour améliorer la résistance aux phénomènes météorologiques extrêmes.
« L’OMM gère quotidiennement le Big Data en utilisant un système de prévision opérationnelle 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, basé sur une énorme quantité de données recueillies dans le monde entier », a-t-il déclaré, identifiant l’intelligence artificielle comme un outil potentiellement précieux pour relever ce défi.
Le sommet de cette année a pour objectif de générer des projets « d’intelligence artificielle au service du bien social » et de veiller à ce que les technologies associées soient développées de manière sécurisée, permettant ainsi un accès égal pour tous.
Francis Gurry, Directeur général de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), a déclaré que 340.000 demandes de brevet d’intelligence artificielle avaient été déposées depuis les années 50. « L’intelligence artificielle est l’une des technologies les plus importantes qui transforment actuellement notre économie et notre société », a-t-il dit.
Il a reconnu que l’intelligence artificielle posait des problèmes économiques, sociaux et éthiques pressants. « Nous en sommes à un stade extrêmement précoce, mais la caractéristique commune est que l’activité technologique sous-jacente… se déroule à un rythme beaucoup plus rapide que notre capacité à formuler des réponses », a-t-il déclaré.
Ce qui est clair pour le chef de l’UIT, M. Zhao, c’est qu’« aucune nation, aucune organisation, aucune entreprise et aucune communauté ne peut relever ces défis à elle seule ».
« La voie vers une intelligence artificielle transformatrice mais également sûre, fiable et inclusive nécessitera une collaboration sans précédent entre les gouvernements, l’industrie, le monde universitaire et la société civile », a-t-il conclu.
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