Monde

Marchés d’esclaves en Libye : le président du Niger demande à la CPI d’intervenir

Mobilisation contre un crime contre l’humanité

Témoignages.re / 22 novembre 2017

Le chef de l’Etat nigérien, Mahamadou Issoufou, a lancé lundi soir un appel à la Cour pénale internationale (CPI) pour qu’elle se saisisse du dossier sur l’esclavage en Libye.

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« Le Niger condamne à nouveau cette pratique ignoble et s’engage à apporter sa contribution pour mettre fin à cette pratique », a-t-il déclaré lors d’un point de presse à son retour d’une mission en Europe. « L’esclavage est un crime contre l’humanité, nous avons demandé que ce point soit inscrit à l’ordre du jour des prochains Sommets Union africaine et Union européenne », a-t-il ajouté. « Nous n’avons plus le droit de faire comme si rien ne s’est passé ou de détourner les regards. Nous avons le devoir de nous attaquer aux causes profondes de cette tragédie. Le Niger prend au sérieux cette question et nous allons continuer à nous battre par rapport à cette situation scandaleuse », a-t-il indiqué.

Le Niger a été un des premiers pays au monde à réagir face aux révélations sur la vente aux enchères de migrants africains comme esclaves en Libye. Dans un communiqué, le gouvernement s’est dit « fortement indigné » par ces pratiques avilissantes et a condamné « sans réserve de tels actes qui rappellent les heures sombres de l’histoire de l’humanité ». Le gouvernement du Niger a exprimé sa réprobation de « toute forme d’atteinte à la dignité, à l’intégrité et à l’honneur de la personne humaine où qu’elle se trouve ». Le Niger a appelé le gouvernement libyen et la communauté internationale à prendre « toutes dispositions nécessaires et urgentes en vue de faire cesser cette odieuse activité », les invitant à rechercher et à poursuivre en justice les auteurs de ces agissements.

Pour sa part, la Commission nationale des droits de l’homme du Niger (CNDH) se dit ’profondément indignée » et a condamné fermement la vente aux enchères d’émigrants africains comme esclaves en Libye. Elle a exigé de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), « l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur ces crimes odieux qui ternissent l’image de l’Afrique et de l’Humanité toute entière ».