Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Conséquence de la guerre de Trump dans le détroit d’Ormuz
17 avril, par

La crise autour du détroit d’Ormuz n’est pas une fatalité : elle est aussi le produit de choix politiques. En imposant un blocus et en ravivant les tensions avec l’Iran, le gouvernement américain porte une responsabilité majeure dans les perturbations actuelles. Derrière le risque alimentaire global, c’est une stratégie du chaos qui met en danger les plus vulnérables.
La crise qui menace aujourd’hui les chaînes d’approvisionnement alimentaires mondiales est aussi le résultat de décisions politiques. En première ligne : le gouvernement des États-Unis, dont les choix récents dans le Golfe ont contribué à fragiliser un équilibre déjà précaire.
L’annonce d’un blocus visant les navires liés aux ports iraniens a ravivé les tensions dans le détroit d’Ormuz, ce corridor stratégique par lequel transitent pétrole, gaz et engrais indispensables à l’agriculture mondiale. Cette décision n’est pas neutre : elle a immédiatement dissuadé armateurs et assureurs, paralysant une partie du trafic maritime. Résultat, des flux essentiels sont ralentis, voire stoppés.
Dans une économie mondialisée, ces choix ont des conséquences bien au-delà des zones de conflit. Quand 20 à 30 % des engrais mondiaux sont bloqués, ce sont les récoltes de demain qui sont compromises.
Washington ne peut ignorer cet effet domino. En alimentant l’incertitude, en maintenant une posture de confrontation malgré un cessez-le-feu fragile, l’administration américaine contribue à prolonger une situation de blocage. Le risque est déjà inscrit dans les décisions agricoles en cours : moins d’intrants, donc moins de production.
Dans le même temps, la hausse des prix de l’énergie, elle aussi liée aux tensions, renforce la pression sur les systèmes alimentaires. Elle encourage en outre la réorientation de cultures vers les agrocarburants, accentuant la concurrence entre nourrir et alimenter.
Ce sont, une fois encore, les pays les plus dépendants qui paient le prix. En Afrique, en Asie du Sud, dans de nombreuses économies fragiles, la hausse des coûts d’importation se traduit directement par une insécurité alimentaire accrue. Les pauvres n’ont pas de marge d’ajustement.
Derrière cette crise se dessine une responsabilité politique claire. Les États-Unis, ne peuvent se dédouaner des conséquences globales de leurs décisions stratégiques.
Éviter une crise alimentaire mondiale reste possible. Mais cela suppose de rompre avec une logique d’escalade et de privilégier des solutions diplomatiques. À défaut, le choix sera clair : maintenir la confrontation, au risque d’organiser une crise alimentaire mondiale.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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