Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Centrafrique
11 janvier 2014

Le président et le premier ministre centrafricains, Michel Djotodia et Nicolas Tiengaye, ont annoncé vendredi 10 janvier leur démission. Cette décision clôture le sommet extraordinaire de la Communauté des Etats d’Afrique centrale organisée par Idriss Déby à N’Djamena (Tchad), afin de sortir le pays de la crise.
Cette démission annoncée dans un communiqué intervient après la rencontre entre Idriss Déby et Jean-Yves le Drian, ministre de la défense, le 1er janvier, ces derniers ont convenus le départ du président de transition. Pour la communauté internationale, Michel Djotodia n’a pas mis fin aux violences interreligieuses et aux exactions dans son pays, son départ était donc inévitable.
Les dirigeants de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) ont envoyé jeudi 9 janvier, un avion à Bangui pour amener dans la capitale tchadienne les 135 membres du CNT. Leur vote a permit le changement de la Constitution provisoire de Centrafrique pour permettre le départ de Michel Djotodia et de son premier ministre. « Personne ne peut parler d’un changement à la place des Centrafricains. La solution ne peut venir que des Centrafricains eux-mêmes. [...] Il y a un régime, ses institutions et une charte, des responsables : il appartient à ses responsables de décider du sort de leur pays », avait expliqué à la presse le secrétaire général de la CEEAC, Ahmat Allami, à la suspension des travaux.
Des milliers d’habitants de Bangui ont manifesté dans les rues, le 10 janvier, pour demander la démission de Michel Djotodia. « Djotodia démission » ont crié plusieurs milliers de personnes, souhaitant « une nouvelle personne pour diriger le pays », a déclaré un manifestant au journal Le Monde. « Ce petit maladroit nous a tués, massacrés. Qu’il reste à N’Djamena », disait un autre habitant. Le souhait des africains et occidentaux est le désarmement des milices centrafricaines ex-Séléka et anti-Balaka. Or Michel Djotodia, ne contrôle plus les ex-Séléka, les forces censées être la nouvelle armée centrafricaine, se sont rendues coupables d’innombrables exactions. Ces dernières ont été mises en place lors du renversement en mars 2013 du président François Bozizé, remplacé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka, dirigée par Michel Djotodia.
Le président tchadien a rejeté la responsabilité de la crise sur les politiques centrafricains, déclarant lors de l’ouverture du sommet le 9 janvier, devant les membres du CNT, que « S’il y a eu échec, c’est celui de la classe politique dans son ensemble ». Pour ce dernier, « la transition n’a pas fonctionné comme on le veut. Les autorités qui ont la charge de mener cette transition n’ont pas pu répondre aux attentes des Centrafricains et de la communauté internationale, dont les plus importantes sont l’ordre et la sécurité ».
En retirant Michel Djotodia de la présidence, la France pourrait plonger le pays un peu plus dans le chaos, faute d’alternative. Pour le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, il faut remplacer le président et son premier ministre « dans les plus brefs délais » et « dans la sécurité ». Mais pour cela, « il faut que le Conseil national de transition, dont c’est la responsabilité, établisse l’alternative provisoire parce que le but c’est d’aller avant la fin de l’année à des élections », a indiqué le ministre.
Pour l’heure, les Occidentaux vont tenter de répondre aux besoins humanitaires du pays, où un tiers des Centrafricains a besoin d’aide. En plus des 400.000 déplacés au sein du pays, les Nations unies OCHA [pour la coordination des affaires humanitaires] ont indiqué que plus d’1millions 600 personnes qui ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence. Un conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) se tiendra le 20 janvier sur la situation en Centrafrique, a annoncé un communiqué du Conseil des Etats membres transmis vendredi à la presse à Bruxelles.
L’objectif de cette réunion est de rechercher « des moyens pour accroître l’assistance humanitaire européenne en Centrafrique ». En parallèle, se tiendra le jour même à Bruxelles une conférence internationale sur la Centrafrique, initiée par l’Union européenne et l’ONU sur les moyens d’accroître l’aide humanitaire à la Centrafrique.
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