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Le pouvoir transmis à un civil
17 novembre 2014

Diplomate à la retraite, Michel Kafando, 72 ans, a été désigné, dans la nuit de dimanche à lundi, par un collège de 23 membres pour diriger la transition d’une année au Burkina Faso au terme de laquelle, il devra organiser des élections, libres, transparentes et crédibles.
Au Burkina Faso, Michel Kafando remplace le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida qui s’était emparé du pouvoir suite à la fuite du président Blaise Compaoré, chassé par une insurrection populaire après 27 ans au pouvoir.
Titulaire d’une licence en droit public et en sciences politiques puis d’un doctorat en droit public à la Sorbonne (France), Michel Kafando, qui a assumé de hautes fonctions dans l’administration burkinabé, a été successivement directeur des relations internationales, (1978-1979) et directeur des organisations internationales (1979-1980) et conseiller du ministre des Affaires étrangères pour les questions juridiques et de coopération internationale en 1980.
Il a également assuré les charges de ministre des Affaires étrangères dans les précédents gouvernements du Comité militaire de redressement pour le progrès national (CMRPN) et du Conseil du salut du peuple (CSP) dans les années 1981 et 1983.
Il a représenté le Burkina Faso auprès des Nations unies de 1998 à 2011, avant de se reconvertir dans l’élevage de volaille après sa retraite.
Après sa désignation, M. Kafando a pris l’engagement de ne ménager aucun effort pour relever les défis notamment de bâtir une nouvelle société "réellement démocratique" sur le socle de "la justice sociale" dans l’unisson des cœurs.
Outre M. Kafando, deux autres personnalités, à savoir l’ancien ministre de l’Essor familial (1984-1987) du Conseil national de la révolution (CNR) de Thomas Sankara, Joséphine Ouédraogo, et le président de la Société des éditeurs de la presse privée, Cherif Moumina Sy, étaient prétendants à ce poste.
Selon le programme d’installation des organes de la transition, le nouveau président sera investi mardi et désignera son Premier ministre qui formera un gouvernement de 25 membres.
Les membres du Conseil national de transition (organe législatif de 90 membres) sera installé très prochainement.
La Charte qui va régir la transition a été signée, dimanche après-midi, au cours d’un forum des Forces vives de la nation en présence notamment du corps diplomatique accrédité au Burkina et de nombreux invités.
Selon les dispositions de cette Charte, ni le président de la transition, ni les membres de l’exécutif de transition ne sont éligibles aux prochaines élections.
Ce retour à l’ordre constitutionnel exigé par la communauté internationale intervient à un moment où le Canada et le Fonds monétaire international (FMI) ont déjà annoncé l’arrêt de leurs programmes au Burkina Faso.
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