Un régime d’extrême droite menacé par une révolution lancée par la jeunesse

« Modi, go back, go back » dit la GenZ en Inde

24 juillet, par Manuel Marchal

En Inde, la génération Z retourne contre Narendra Modi l’arme des réseaux sociaux. Pendant plus d’une décennie, Narendra Modi et son parti, le BJP, ont dominé les réseaux sociaux, faisant d’Internet un puissant outil de propagande politique. Mais une nouvelle génération est en train de renverser ce rapport de force. Les jeunes Indiens utilisent aujourd’hui Instagram, X et les vidéos courtes pour dénoncer la répression policière, organiser la contestation et contourner les médias traditionnels jugés trop proches du pouvoir.

Le déclic est venu des manifestations du 20 juillet contre les multiples fuites de sujets d’examens qui compromettent l’avenir de milliers d’étudiants. Des dizaines de milliers de jeunes ont convergé vers le Parlement à New Delhi pour réclamer la démission du ministre de l’Éducation. La répression a été brutale : gaz lacrymogènes, coups de matraque, plus d’une centaine de blessés selon les organisateurs.

« Nous télévisons notre révolution »

Mais cette fois, chaque intervention policière a été filmée. Téléphones portables en main, les manifestants ont diffusé des centaines de vidéos montrant des étudiants frappés, des mères en pleurs, des policiers poursuivant des jeunes non armés ou utilisant des armes controversées. En quelques heures, ces images ont envahi les réseaux sociaux, suscitant une vague d’indignation dans tout le pays et déclenchant des rassemblements de solidarité à Mumbai, Bengaluru, Patna, Lucknow ou Aizawl.
« Nous télévisons notre révolution », résume une étudiante de 18 ans. Pour cette génération née avec Internet, les réseaux sociaux sont devenus un espace de mobilisation autant qu’un moyen de documenter les violences. Les montages vidéo et les slogans remplacent les longs discours politiques.

L’arme de l’extrême droite se retourne contre elle

Le mouvement réclame trois mesures : la démission du ministre de l’Éducation Dharmendra Pradhan, l’abandon des poursuites contre les manifestants et une indemnisation pour les familles d’étudiants qui se sont suicidés après les scandales liés aux examens.
Sur Internet, le mot d’ordre est désormais sans équivoque : « Modi, go back ! » Les comptes officiels du BJP sont inondés de milliers de messages exigeant des comptes au gouvernement. Après avoir fait des réseaux sociaux un levier de conquête du pouvoir, Narendra Modi découvre qu’ils peuvent aussi devenir l’instrument d’une contestation massive portée par une jeunesse qui refuse désormais de se taire.

M.M.

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