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Un effet de l’aggravation de la crise
14 mai 2013, par

La crise de la dette souveraine en Europe et notamment dans la zone euro aura donné de la voix aux eurosceptiques, particulièrement en Angleterre où le sentiment anti-Europe se fait de plus en plus sentir.
Personnalisées par le député au Parlement européen Nigel Farage, les déclarations se succèdent depuis plusieurs jours sur une sortie possible de la Grande-Bretagne de l’Union européenne. Le 7 mai, l’ancien ministre des Finances, Nigel Lawson, expliquait à la presse que « la Grande-Bretagne doit sortir de l’Union européenne, car la tentative du Premier ministre David Cameron d’obtenir une renégociation de la participation britannique à l’UE est vouée à l’échec ».
Sortir de l’UE ?
Soucieux d’obtenir une renégociation des conditions de participation de la Grande-Bretagne à l’UE, David Cameron avait annoncé l’organisation d’un référendum sur le sujet si son parti remportait les élections législatives en 2015. Alors que les chefs d’États de l’Union européenne négocient sur la participation des États, l’ancien ministre des Finances a estimé dans le “Times” que « le projet de renégociation proposé par David Cameron n’aboutira qu’à des résultats insignifiants » en raison du poids économique et diplomatique de l’Allemagne et de la France. Ce dernier a expliqué que « l’économie britannique se porterait mieux si Londres sortait de l’Europe après 40 ans de présence », a relevé l’agence de presse “Reuters”. « Je soupçonne vivement qu’il y aurait des avantages économiques à ce que le Royaume-Uni quitte le marché unique », a-t-il ajouté dans sa tribune.
Au lendemain de cette déclaration, un nouveau sondage de YouGov, commandé par le “Times”, indiquait que 42% des Anglais souhaitent que la relation avec l’Europe soit basée sur le libre-échange, tandis que 21% veulent un retrait total de la Grande-Bretagne.
Selon les résultats de cette consultation, 46% des personnes interrogées ont déclaré qu’elles opteraient pour une sortie de l’UE si un référendum avait lieu aujourd’hui, 35% choisiraient de rester.
Tous les regards sont tournés vers David Cameron. En cas d’échec des négociations pour une nouvelle relation avec Bruxelles basée davantage sur un marché commun, de nombreuses personnes de son groupe parlementaire lui tourneraient alors le dos lors du référendum promis pour 2017.
Percée des anti-Europe
Ce sentiment anti-européen est de plus en plus pesant sur le gouvernement britannique qui fait face à la percée du Parti de l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) lors des récentes élections municipales en Angleterre et au Pays de Galles. Le parti anti-européen UKIP présidé par Nigel Farage a obtenu 147 postes de conseillers, contre 8 auparavant. L’UKIP a remporté en moyenne 25% des suffrages dans les circonscriptions, ce qui représente « un changement de cap dans la politique britannique », a lancé le chef de l’UKIP, Nigel Farage, le 3 mai.
Pour John Curtice, Professeur de politique à l’Université de Strathclyde (Écosse), l’UKIP réalise une « performance phénoménale », car il arrive en seconde position lors des législatives partielles organisées à South Shields (Nord de l’Angleterre). Lors des résultats, Nigel Farage, avait indiqué : « Je pense que beaucoup de choses peuvent se passer d’ici à 2015 (date des prochaines législatives), mais si on ne nous donne pas un référendum (sur l’UE) et si l’on ouvre les portes à la Bulgarie et à la Roumanie, créant une deuxième vague d’immigration, alors Dieu seul sait ce qui peut arriver d’autre ».
De son côté, Rob Ford, spécialiste de l’UKIP à l’Université de Manchester (Ouest), a expliqué à l’“AFP” que « faire le choix d’une ligne plus intransigeante sur l’Europe n’est donc pas une solution » pour contrecarrer la montée en puissance du parti anti-européen. L’Europe est non seulement en pleine crise économique et financière, mais aussi politique, avec l’émergence de partis d’extrême droite et d’anti-Europe, désireux d’un retour au protectionnisme et luttant contre l’immigration.
Céline Tabou
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